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Vaccins contre la grippe : l’heure des négociations

Parce qu'elle a annoncé lundi soir que le gouvernement renonçait à 50 millions de doses de vaccins contre la grippe A sur les 94 millions commandées, la ministre de la Santé se voit maintenant contrainte de négocier sur plusieurs fronts. Notamment sur celui des mutuelles.

Comme le rappelle le président de la Mutualité Française dans lefigaro.fr, les complémentaires santé avaient été sollicitées par le gouvernement afin de participer à l'effort collectif de cette campagne de vaccination à hauteur de 230 millions d'euros. Selon lepoint.fr, les 350 millions d'euros d'économies gouvernementales potentiellement dégagés par cette résiliation de commande avec les laboratoires doivent par conséquent être partagés. Interrogé par le site de l'hebdomadaire, mais aussi par I-télé, Jean-Pierre Davant estime à ce titre qu'"il n'y a pas de raison que les mutualistes payent alors que les vaccins ne seront pas achetés".

Les mutuelles, indique le directeur général de la Mutualité, Jean-Martin Cohen Solal, ont d'ores et déjà obtenu "l'assu­rance que leur contribution serait adossée à la réalité de vaccins acquis et non revendus". "Réduire de moitié la contribution nous semble une bonne base de négociation", estimait hier dans lesechos.fr le président de l'Union natio­nale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam), Fabrice Henry.

Il est aussi question de négociation du côté des laboratoires, poursuivent lesechos.fr. Celles-ci devraient toutefois être "délicates", voire "compliquées", car "aucun des contrats ne comporte de clause de résiliation".
Selon le site du quotidien économique, le gouvernement a résilié 11 millions de vaccins auprès de Sanofi-Aventis. Le laboratoire "a accepté d'annuler la commande à hauteur de 9 millions de doses sans demander d'indemnisation". Pour les 2 millions de doses restantes, des pourparlers seraient en cours.

"Le suisse Novartis dont l'Etat annule 7 millions de doses, soit un manque à gagner de 65 millions" laisser planer quant à lui la menace d'un recours, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Mais c'est GlaxoSmithKline (GSK) qui reste le laboratoire le plus affecté par cette résiliation, indique lefigaro.fr. Son contrat passe en effet de 50 à 18 millions de doses. Néan­moins, "avec près de 30% des parts du marché du vaccin dans l'Hexagone, GSK peut difficilement partir en guerre contre le gouvernement français".

Le "troisième chantier pour Roselyne Bachelot" concerne les négociations avec les syndicats de médecins libéraux, observent enfin lesechos.fr. En autorisant les généralistes à vacciner leurs patients dans leur cabinet, la ministre avance plusieurs options : "S'ils vaccinent dans le cadre d'une consultation, l'acte ne sera pas rémunéré en plus. Si les patients viennent spécia­lement pour se faire vacciner, ils ne débourseront rien mais le médecin touchera un forfait de 6 à 7 euros de l'assurance maladie." Mais ces conditions financières devraient officiellement être dévoilées jeudi, croit savoir La Tribune.

Plus de clarté dans les remboursements
"Les Français n'y comprennent plus rien." C'est par ce constat livré hier dans le Magazine de la santé sur France 5 que le président de la Mutualité Française a déploré la multiplication des taux de remboursements des médicaments. Dans cette "pagaille monstre", "certains produits sont remboursés à 100%, d'autres à 65%, 35%, 15% ou 0%", fait remarquer Jean-Pierre Davant. Afin de sortir de ce brouillard que viennent épaissir un peu plus les nouvelles mesures de déremboursement annoncées par le gouvernement, le président de la Mutualité Française prône la simplification.

Pour y parvenir, Jean-Pierre Davant, propose de réunir "autour d'une table, le gouvernement, les laboratoires, les médecins, l'assurance maladie et les mutuelles afin de définir une liste des médicaments utiles, le taux de leur remboursement par la Sécurité sociale et le taux du complément garanti par les mutuelles". Cette nouvelle politique du médicament pourrait, selon Jean-Pierre Davant, s'appuyer sur un taux de remboursement unique par la Sécurité so­ciale, le reste étant pris en charge par les complémentaires.
Frédéric Lavignette