Vaccination contre la grippe : les médecins entrent dans le dispositif

"Tous les médecins qui le souhaitent, généralistes ou spécialistes, pourront vacciner leurs patients à partir du 12 janvier." Tel est le message délivré hier par Roselyne Bachelot aux médecins qu'elle a reçus dans son ministère.

Par cette décision, notent Les Echos (page 4), "le gouvernement accède à une demande de longue date des syndicats de médecins, furieux d'avoir été exclus de la campagne au profit des seuls centres de vaccination". Mais cette implication dans le processus ne satisfait pas les praticiens qui lui reprochent certaines lourdeurs.

Leur premier reproche concerne l'obtention même des doses de vaccins, indiquent Les Echos. Le ministère leur propose en effet de les acquérir auprès des centres de vaccination. "Les médecins n'ont pas le temps matériel d'aller les chercher", rétorque Michel Chassang, président du syndicat de médecins CSMF.

Autre point d'insatisfaction, la rémunération de l'acte. Selon La Tribune (page 7), Roselyne Bachelot a annoncé que "les généralistes toucheraient un forfait de 6,60 euros par vaccination, celle-ci restant prise en charge par la Sécu pour les patients". Ce tarif s'applique dans le cas où les médecins organisent "des séances spécifiques consacrées à cet acte", précisent Les Echos.

Pour la CSMF, ce forfait est "un mépris de plus envers les généralistes, lesquels vont mettre à disposition l'infrastructure de leur cabinet, leur secrétariat et leur compétence, et procéder, si nécessaire, à un examen médical du patient, pour une rémunération aussi indigente". Si les médecins vaccinent dans le cadre d'une consultation ordinaire, "ils ne toucheront rien de plus que le tarif de celle-ci", préviennent par ailleurs Les Echos.

Autre changement annoncé par la ministre de la Santé, indique Libération (page 17) : les Français sont désormais invités à se faire vacciner avec ou sans bon dans les centres collectifs. Une initiative qui est la bienvenue étant donné qu'"une vingtaine de millions d'assurés à ce jour" n'ont pas reçu ce fameux coupon, indiquent Les Echos.

Cet élargissement du dispositif entre en application le jour même où Roselyne Bachelot est auditionnée par les députés, signale Le Parisien/Aujourd'hui (page 12). La commission des Affaires sociales de l'Assemblée souhaite en effet consulter la ministre sur "l'évolution de la pandémie grippale et la mise en œuvre du dispositif de lutte contre celle-ci".

Mutuelles d'entreprises et maintien de droits
La mesure qui autorise, depuis le 1er juillet 2009, les salariés licenciés ou en fin de CDD à demander la prolongation de leurs droits en santé et prévoyance collective ne remporte pas le succès escompté. Selon la dernière édition du baromètre du cabinet Mercer, plusieurs explications justifient cette timide adhésion.

La première, avancent Les Echos (page 30), est que "les plans de sauvegarde de l'emploi prévoient le plus souvent le maintien des couvertures en santé dans des conditions plus avantageuses que ce que prévoit l'accord national interprofessionnel (ANI) qui instaure cette obligation. L'employeur finance alors 100% de la mutuelle (et pas uniquement sa quote-part), sur une durée souvent plus longue que les neuf mois au maximum prévus dans l'ANI".

L'autre raison invoquée concerne les salariés. Ceux-ci préféreraient se rattacher à la mutuelle de leur conjoint au lieu de rentrer dans le dispositif ANI.
Frédéric Lavignette