Une opportune baisse du chômage

A l’avant-veille des municipales, c’est "un chiffre qui tombe à pic" pour la majorité, constate Libération (pages 6 et 7). "Avec une cote d’amour pour le moins entamée", relève le quotidien, elle va pouvoir se targuer du taux de chômage pour le quatrième trimestre 2007 que vient de transmettre l’Insee : 7,5%.

Pour Le Figaro (page 20), ce chiffre renvoie le chômage "à son niveau le plus faible depuis fin 1983 !" Ce recul de 0,9% en un an signifie que "fin décembre 2007, 2,1 millions de personnes étaient à la recherche d’un emploi selon la définition du Bureau international du travail (BIT), différente du comptage mensuel de l’ANPE", explique ce journal. En moyenne, poursuit La Tribune, 27,9 millions personnes étaient actives en France à la fin de l’an dernier, soit 56,5% de la population de 15 ans et plus. Sur l’année globale, le taux de chômage moyen atteint 8% de la population active, toujours moins qu’en 2006 où il était de 8,8%.

Cette baisse, qui tient du "miracle", selon le terme utilisé par Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), ne doit pas faire oublier un autre chiffre : "L’Insee souligne que, parmi les personnes ayant un emploi à la fin de l’année, 5,6% étaient en situation de sous-emploi (temps partiel ou chômage technique), soit tout de même… 1,4 million de personnes." D’où la "polémique" au sujet de la baisse du chômage, mentionnée le quotidien.

Au Parti socialiste, on estime en effet que cette baisse s’est traduite justement par la création d’emplois "peu qualifiés et à temps partiel, en particulier dans le secteur des services à la personne". Toutefois, les nombreux départs à la retraite sont principalement responsables de cette diminution. La preuve, relève le PS : "110.000 emplois industriels (...) ont été supprimés depuis 2006."

A ces éléments expliquant cette "embellie", La Tribune n’oublie pas de rajouter les effets des contrats aidés ou encore le ralentissement démographique. Ces facteurs favoriseront encore cette tendance dans les tous prochains mois à venir. Mais, prévient le quotidien économique, "un certain nombre de ces moteurs pourraient manquer en 2008 pour poursuivre une décrue aussi spectaculaire".

De fait, "le budget 2008 a revu à la baisse l’enveloppe dédiée aux contrats aidés, qui pourraient ne pas dépasser les 300.000 contre 350.000 l’an dernier". Déjà, relève Libération, une "hausse significative" des demandeurs d’emploi a été enregistrée par les services statistiques du ministère de l’Emploi (Dares) pour le mois de janvier : +0,7%, soit 13.200 inscrits supplémentaires.

En outre, complète L’Humanité (page 4), la crise financière et immobilière que connaît le pays va certainement porter un coup dur aux secteurs tertiaire et du bâtiment qui ont été, en 2007, "les principaux moteurs de l’emploi".

Amiante : peine maximale mais décevante
C’est à la peine maximale que la cour d’appel de Douai a condamné Alstom : 75.000 euros d’amende. Selon La Croix (page 11), les salariés de l’usine Alstom Power Boilers de Lys-lez-Lannoy (Nord), exposés à l’amiante de 1998 à 2001, "ont laissé éclater leur déception" à l’annonce du verdict. Pourtant, explique le quotidien, ce verdict constitue "une première judiciaire dans le dossier de l’amiante". En effet, le délit de "mise en danger" d’autrui est très rarement utilisé en matière de santé. Il signifie qu’à l’avenir, sans avoir forcément développé une maladie liée à ce matériau, les salariés pourront saisir la justice et obtenir gain de cause.

Pour les employés de l’usine même si les responsables sont condamnés sur le fond, "les peines restent franchement ridicules", s’indigne un syndicaliste dans Libération (page 17). Le Figaro (page 10) le rappelle : sept personnes sont mortes en raison de l’inhalation de ces poussières et 30% du personnel a été atteint.

Frédéric Lavignette