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Une mutuelle, ce n’est pas du luxe !

Depuis la fin août, le discours du gouvernement est récurrent : les mutuelles ont des réserves qui leur permettraient de ne pas répercuter sur les cotisations le doublement de la taxe sur les contrats responsables et solidaires. "Faux", a rétorqué le président de la Mutualité Française, le 14 octobre, lors du 12/13 de France 3.

"La richesse des mutuelles, c’est l’argent des adhérents. Les mutuelles n’ont pas d’actionnaires, ne peuvent ni faire appel au marché, ni gérer en déficit. Elles doivent se soumettre à des règles prudentielles extrêmement strictes tout simplement pour respecter leur engagement vis-à-vis des adhérents. Les réserves des mutuelles s’élèvent, en moyenne, entre 200 euros à 300 euros par adhérent", a indiqué Etienne Caniard.

Le même jour, sur I-télé, le président de la Mutualité Française a expliqué que "pour la troisième année consécutive, les taxes augmentent de l’ordre de 3,5%". "Une taxe pérenne qui s’im­pose année après année ne peut pas ne pas être répercutée", a-t-il indiqué sur France Info mais aussi sur BFM TV et sur Europe 1. En d’autres termes, résume Canal +, le "bras de fer" est engagé entre les mutuelles et le gouvernement.

Concrè­tement, en 2012, le prix de revient des contrats va être mécaniquement augmenté de 4,7%. Une information également développée au journal de 13 heures de vendredi de TF1. "Toutes les mutuelles vont essayer de limiter au maximum l’augmentation pour préserver l’accès aux soins", souligne Etienne Caniard. "Mais la hausse sera peut-être plus forte dans certaines mutuelles qui n’avaient pas répercuté l’augmentation de la taxe l’an dernier, nuance-t-il au micro de France Info. Car, il faut se souvenir que cette taxe est passée de 0 à 3,5% l’an dernier puis de 3,5% à 7% cette année !"

Si le mouvement mutualiste s’oppose à cette nouvelle ponction, via notamment une pétition sur mutualite.fr, c’est "pour permettre aux Français d’avoir accès aux soins", a-t-il ajouté sur I-télé. En effet, le renchérissement des contrats comporte "un risque de démutualisation, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées", a mis en garde Etienne Caniard sur France Info.

Or, aujourd’hui, être protégé par une mutuelle n’est pas un luxe pour accéder aux soins comme l’a rappelé dimanche une étudiante à la ministre du Budget et des Comptes publics sur les antennes de Radio France. Valérie Pécresse était l’invitée de l’émission Radio France Politique. La ministre a, une fois de plus, cité en exemple la GMF, qui fait une campagne de publicité pour annoncer qu’elle ne répercutera pas la hausse de la TCA sur ses contrats. Si une "grande mutuelle" comme la GMF peut le faire, pourquoi pas les autres ?, a-t-elle demandé.

Elle trouvera une réponse dans Le Figaro-économie (page 23), où la journaliste Anne Bodescot observe que la promesse de la GMF ne coûtera "pas trop cher" à cette société d’assurance mutuelle : "Elle n’a lancé son contrat santé que depuis un peu plus d’un an et il ne compte encore que 30.000 assurés."

Dimanche, Valérie Pécresse a argué que l’augmentation de la taxe sur les contrats responsables "n’est pas une hausse des taxes sur les mutuelles mais la fin d’un avantage fiscal". Elle a également indiqué que les complémentaires bénéficiaient de l’augmentation du nombre de patients en affection de longue durée (ALD), "pris en charge à 100% par l’Etat". Mais la ministre du Budget ignore sans doute que les dépenses de soins de ces malades restent élevées : le ticket modérateur des patients en ALD est de 20% supérieur à celui des autres assurés sociaux.

Médicaments trop chers
Les Français consomment trop de médicaments et ils les payent plus cher que dans les autres pays européens, constatait récemment la Cour des comptes, rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (page 8). Selon une étude du cabinet IMS-Health, entre 1990 et 2009, la facture moyenne est passée en France de 3,09 euros à 6,95 euros, soit une hausse de 12,5%, à comparer aux 37% de hausse des prix sur la même période.

La Cnam a confirmé récemment cette tendance en montrant que, sur un an, les Français dépensent en moyenne 100 euros de plus que leurs voisins européens. De son côté, Serge Rader, ancien président de la Coopérative des pharmaciens d’Ile-de-France, a comparé le prix de 135 médicaments dans l’Hexagone et en Italie. Résultat : des écarts de prix de 1 à 3 avec nos voisins transalpins. Chez ces derniers, les dépenses de santé ont été stabilisées en 2006 à 12 milliards d’euros par an, soit moitié moins qu’en France, pour une population comparable.

Pourquoi de tels écarts ?, interroge Le Parisien, qui fournit quelques réponses. "L’assurance maladie italienne pratique des appels d’offres auprès des laboratoires, explique Serge Rader. Ca tire les prix vers le bas, forcément." En revanche, la France accorde des prix souvent plus élevés aux laboratoires nationaux quand elle fixe le prix de vente d’un médicament remboursable. De plus, il existe chez nous 12.800 présentations de médicaments. Une profusion, qui rend difficile la gestion des prix. Le prix des médicaments sera l’un des sujets abordé au cours de l’examen du projet de loi de finances (PLFSS) pour 2012, qui débutera la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, rappelle Le Parisien.
La rédaction