Un plan contre les déserts médicaux

"Il sera global, car en la matière il n'y a pas de recette miracle." Tels sont les termes employés par la ministre de la Santé pour qualifier le plan de lutte contre les déserts médicaux qu'elle présentera ce matin dans la Vienne.
En 12 points, rapporte Libération (pages 10 et 11), le dispositif de Marisol Touraine projette d'améliorer une situation qui atteint des "territoires où rechignent à s'installer les professionnels de santé". Concernant les généralistes, note le quotidien, 3,1 millions de Français souffrent de leur absence à proximité de leur domicile.

La Picardie est la région la moins bien dotée en médecins, observe La Croix (pages 2 et 3). Sur ses trois départements (Aisne, Oise, Somme), la densité moyenne atteint en effet 239 médecins en activité régulière pour 100.000 habitants. A contrario, la région Paca est la plus favorisée avec une densité médicale de 370 médecins pour 100.000 habitants. La région Ile-de-France la suit de près (366 médecins).

Il faut dire que Paris, en 2010, a at­tiré 47% des 1 900 nouveaux médecins, ce qui est loin d'être le cas pour certaines communes de banlieue. Dans le Val-de-Marne notamment, pour la même époque, seuls 4% des nouveaux professionnels de santé ont apposé leur plaque.

Même si les pouvoirs publics tentent de réduire cette fracture médicale depuis plusieurs années, elle ne cesse de s'élargir. En 2005, rappelle La Croix, les pouvoirs publics ont instauré "une majoration des honoraires de 20% pour les médecins exerçant dans les cabinets de groupes dans les zones sous dotées". Cette mesure coûteuse (20 millions d'euros en 2010) a permis de recruter 50 médecins dans les zones déficitaires depuis 2007.

En 2010, nouvelle stratégie avec la création d'un "contrat d'engagement de service public" à l'attention des étudiants en médecine. A partir de la deuxième année d'étude, ceux-ci se voient attribuer une allocation de 1 106 euros nets par mois "en contrepartie de leur engagement à travailler plus tard dans une zone déficitaire pour une durée équivalente à celle du versement de l'allocation". Sur les 400 bourses versées, "148 ont trouvé preneurs en 2010 et 195 en 2011", relève La Croix.

L'une des mesures du plan de Marisol Touraine consistera en "la création de 200 médecins territoriaux, avec un revenu minimum qui leur serait assuré de 4.600 euros par mois", rapporte Libération. Les onze autres dispositions permettront peut-être de répondre à l'engagement pris par François Hollande pendant la campagne présidentielle : "aucun Français ne soit se trouver à plus de trente minutes de soins d'urgence".

Moins de plaintes contre les médecins
Selon une étude menée par l'institut Droit et santé de l'université Paris-Descartes, le nombre de procédures judiciaires intentées par les patients vis-à-vis de leur médecin a diminué.

Selon cette enquête, rapportée dans Le Monde (page 14), "le taux de plaintes est passé de 2 pour 1.000 mé­decins en 1999 à moins de 1 en 2009". Les spécialités les plus exposées demeurent la chirurgie, l'obstétrique et l'anesthésie.

"Il y a environ 6 procédures pour un million d'actes, ou 23 pour 100.000 admissions à l'hôpital", détaille dans Le Figaro (page 15) Didier Tabuteau, co-directeur de l'Institut. "C'est d'autant plus remarquable que la quantité de prestations réalisées par les médecins de l'Hexagone a largement augmenté sur cette période", poursuit-il

Il apparaît également qu'au cours de la période 1999-2009, les condamnations se sont stabilisées. Après une progression nette entre 1999 et 2003, elles se sont fortement ralenties par la suite pour atteindre deux condamnations pour 100 000 assignations, souligne le quotidien. Pour l'institut Droit et santé, la procédure amiable instaurée en 2002 n'est pas étrangère à ce ralentissement des plaintes judiciaires visant les médecins.

Elle est devenue "la voie la plus courante en cas de litige", note Le Monde. Par ce biais, les patients peuvent "être indemnisés par l'assureur si une faute est établie et par la solidarité nationale en cas de responsabilité sans faute", explique Le Figaro.

Frédéric Lavignette