Un diabétique sur cinq renonce aux soins

Malgré une prise en charge à 100% au titre des ALD, un diabétique sur cinq renonce à certains soins pour des raisons financières, constate l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) réalisé à l'occasion de la Journée mondiale du diabète qui se déroulera demain, rapporte Le Figaro (page 9). Selon une étude de 2007, le reste à charge s'élève en moyenne à 660 euros par an.

"On dépense aujourd'hui de plus en plus d'argent pour des résultats qui restent décevants", estime, dans La Croix (page 7), André Grimaldi, professeur de diabétologie à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris. Du fait du vieillissement de la population, mais aussi de l'augmentation de l'obésité et de la sédentarité, le nombre de Français atteints de diabète ne cesse de croître : 1,6 million en 2001, contre 2,9 millions aujourd'hui, dont 90% sont suivis pour un diabète de type 2, survenant en général après l'âge de 40 ans.

Au total, 23% des patients atteints d'un diabète de type 1 et 17% de ceux souffrant d'un diabète de type 2 déclarent avoir renoncé à "au moins un service de santé" pour des raisons financières au cours de l'année écoulée. "Les renoncements concernaient plus fréquemment des soins de pédicurie et de podologie, les soins dentaires et plus particulièrement les traitements dentaires prothétiques, et enfin, les consultations diététiques", précise l'enquête. "Cette étude a été faite en 2007. Avec la crise économique, nous sommes persuadés que les renoncements aux soins sont encore plus importants aujourd'hui", explique, dans La Croix, Gérard Raymond, président de l'Asso­ciation française des diabétiques.

"Les hospitalisations sont fréquentes chez les diabétiques", remarque Le Figaro (page 9), qui déplore "une prise en charge décevante". "Une personne sur trois a été hospitalisée au cours de l'année étudiée et les complications liées à la maladie sont un motif fréquent", constate le Dr Franck Assogba, épidémiologiste à l'INVS. "Ces hospitalisations sont plus fréquentes chez les personnes âgées, celles dont la maladie est plus grave et enfin, celles qui ont des difficultés financières", poursuit-il.

Quand est-il du diabète des enfants ? "13% des enfants ont été hospitalisés au moins une fois pour complication aiguë du diabète, précise Laurence Mandereau-Bruno de l'InVS, citant une étude réalisée à l'hôpital Necker, à Paris. C'est important car il s'agissait d'enfants dont le diabète était déjà connu." "Il faut sensibiliser les patients et leurs familles pour qu'ils prennent bien leur traitement et contrôlent régulièrement leur glycémie", recommande cette chargée d'étude.

Les entreprises et l'ANI
Les Echos publient un numéro spécial "Santé collective" destiné à aider les chefs d'entreprises et les DRH à comprendre tous les rouages de la loi sur la généralisation de la couverture complémentaire. "Sachant qu'aujourd'hui environ un quart des salariés du privé ne possèdent pas de mutuelle d'entreprise, l'évolution est considérable", souligne le supplément du quotidien économique (page 1).

Concernant les clauses de désignation, "le gouvernement a choisi une tactique de contournement, via le forfait social, en favorisant dans le PLFSS, les entreprises qui choisiraient le prestataire éventuellement désigné par leur accord de branche, de fait souvent une institution de prévoyance", relèvent Les Echos.

Le quotidien économique publie un entretien avec Catherine Rouchon, présidente du directoire de Mutex (page 4). "Quel sera le rôle de cet organisme dans les négociations de branche ?", interroge le journal. "Mutex, en associant certaines mutuelles d'entreprise et des mutuelles locales, apporte une réponse unifiée de la Mutualité aux appels d'offres des branches", explique-t-elle. "A charge ensuite pour la mutuelle la plus proche de l'entreprise de la contacter directement pour lui proposer le contrat négocié avec la branche", poursuit-elle.

Dans un publi-rédactionnel, François Venturini, directeur général d'Harmonie mutuelle estime que "la réponse aux besoins des entreprises doit intégrer la prévention". Pour cette raison, ce groupement à développé le programme "La santé gagne l'entreprise", qui "s'adapte à la taille, aux métiers et aux moyens de chaque entreprise et cela au béné­fice de ses salariés".
John Sutton