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Un accord pour les génériques

Deux syndicats de pharmaciens (l'USPO et l'UNPF) viennent de signer un accord avec l'assu­rance maladie par lequel ils s'engagent à délivrer 85% de médicaments génériques en 2013, annoncent Les Echos (page 6). Cet objectif devrait permettre d'économiser entre 300 à 400 millions d'euros supplémentaires. "L'accord est un accord gagnant pour tout le monde, les pharmaciens, les patients et l'as­surance maladie", a déclaré Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO).

Le taux de substitution moyen frôlait déjà les 84%, fin 2012. Mais seuls vingt-quatre départements dépassaient le seuil de 85% l'an dernier et certains, comme le Bas-Rhin, la Corse, la Haute-Garonne, la plupart des Dom-Tom, sont encore très en retard, selon le quotidien économique. De nouvelles molécules, comme l'antalgique Ixprim® ou le traitement de l'asthme Singulair®, vont perdre leur brevet cette année, ce qui demande un effort de substitution supplémentaire.

Cet accord s'appliquera même si la principale organisation, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), a refusé de le signer. Pour son président, Philippe Gaertner, "les contreparties de ces objectifs de substitution ambitieux sont insuffisants".

Dès lors, la négociation sur les honoraires de dispensation (nouvelle forme de rémunération des pharmaciens) qui doit s'ouvrir à la mi-juin, s'avère beaucoup plus délicate. L'assurance maladie souhaite que 25% de leur rémunération provienne, d'ici à 2017, de nouvelles fonctions, comme par exemple la surveillance du suivi des traitements des patients prenant des anticoagulants ou utilisant des inhalateurs pour l'asthme.

Les pharmaciens craignent que cela s'avère insuffisant pour compenser la baisse de leurs revenus. "Nous sommes déjà lourdement pénalisés tous les ans par la baisse de prix des médicaments, les pouvoirs publics doivent en tenir compte", confie aux Echos, Gilles Bonnefond.

Dépassements : l'enjeu du contrat d'accès aux soins
"Une première étape et un pari", c'est ainsi que l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam) qualifie, dans son rapport annuel 2012, sa signature de l'avenant n° 8 à la convention médicale portant sur les dépassements d'honoraires. Encore faut-il que 33% des médecins éligibles au contrat d'accès aux soins (Cas) adhérent à ce nouveau dispositif, rappelle L'Argus de l'assurance du 24 mai, qui publie une interview du président de la Mutualité Française.

"Il faut que ce pari réussisse. Il s'agit d'un signe fort pour inverser la hausse des dépassements d'honoraires à l'œuvre depuis trente ans, affirme Etienne Caniard. C'est l'intérêt des médecins et des patients. Si ce seuil est atteint, cela permettra d'amorcer le retour vers une juste rémunération des professionnels de santé et davantage d'opposabilité des tarifs."

Le président de la Mutualité Française ne cache pas son inquiétude : "Si nous échouons, il ne restera plus que deux solutions : soit des mesures coercitives, ce qui n'est pas souhaitable, soit un renoncement face au développement des dépassements d'honoraires, qui reviendrait à un délitement de notre système de protection so­ciale et à une baisse des remboursements réels." Pour Etienne Caniard, le Cas est aussi un enjeu pour les médecins du secteur 1, car "on ne peut pas les dissocier en raison des enjeux de revalorisation des tarifs opposables". Dès l'entrée en vigueur de l'accord, les mutuelles pourront adapter leurs garanties. "Il y a une attente des Français à laquelle nous nous devons de répondre", conclut le président de la Mutualité Française.

John Sutton