Un Ondam à 2,7%

Un Ondam à 2,7%
Pour contenir le déficit public à 4,5 % du PIB cette année, 7,2 milliards de recettes supplémentaires vont être nécessaires et 1,5 milliard de crédits vont être gelés. C'est ce qu'a annoncé hier le gouvernement en présentant son projet de loi de finances rectificative en Conseil des ministres.

Pour 2012, rapportent lesechos.fr – les quotidiens sont aujourd'hui absents des kiosques en raison d'une grève – le déficit prévisionnel "a été ramené à 81,1 milliards, les moins-values fiscales étant compensées par les nouvelles hausses d'im­pôts". En ce qui concerne la préparation du budget 2013, poursuit le site internet du journal, elle "doit permettre de tenir l'objectif impératif d'un déficit ramené à 3 % de PIB". Pour cela, l'effort s'élèvera à 13,3 milliards d'euros.

Dans l'immédiat, explique Le Monde (page 8), la facture des ménages pour cette année sera de "3,4 milliards d'euros, soit 53 % de l'effort total". Les prélèvements qui visent les entreprises sont, quant à eux, "plus nombreux que les dispositions concernant les ménages", ajoute le quotidien.

Avec ces diverses mesures et son contenu "touffu", ce premier exercice budgétaire du quinquennat "n'est encore qu'un apéritif", estime Le Monde. En effet, il faudra attendre l'automne et le projet de budget 2013 pour découvrir "la véritable réforme fiscale ainsi que les sérieux efforts sur la dépense".

Pour l'heure, notent lesechos.fr, les ministres de l'Economie et du Budget ont transmis à la commission des Finances de l'Assemblée nationale le rapport préalable au débat d'orientation sur les finances publiques qui doit se tenir mardi. Le gouvernement y indique les grandes orientations pour 2013-2015, notamment sa volonté de "limiter à 0,8 % par an la hausse des dépenses publiques (Etat, collectivités locales, Sécurité sociale) en volume, c'est-à-dire en plus de l'inflation".

Plus ambitieux que les objectifs fixés par François Hollande lors de la campagne, ce projet vise à dégager 26 milliards d'économies d'ici à 2015. "Pour y parvenir, soulignent lesechos.fr, les dépenses de l'Etat seront gelées en valeur absolue, de même que les dotations aux collectivités, et les dépenses d'assu­rance maladie seront davantage bridées."

Ne serait-ce que pour l'an prochain, a indiqué hier le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, les dépenses d'assurance maladie ne devront progresser que de 2,7 % au maximum. Pour 2014 et 2015, ce taux d'évolution sera de 2,6 %. Selon le journal, de telles ambitions vont induire "un plan d'économies massif à la rentrée, supérieur à 2 milliards d'euros, comme chaque année".

L'effort pourrait se porter sur le médicament. Un renforcement des baisses de prix semble envisagé avec une attention particulière sur ceux des médicaments génériques et "des actions visant à la maîtrise des prescriptions". D'autres efforts seront demandés à l'hôpital, avec une meilleure "optimisation des achats", une "amélioration des parcours des personnes âgées" et une "accélération du développement de la chirurgie ambulatoire". Une nouvelle baisse de tarifs pour des professionnels (biologistes ou les radiologues) ayant bénéficié de certaines "évolutions technologiques" est aussi évoquée par le ministère de l'Economie.

Le DMP gagne du terrain
Le dossier médical personnel (DMP) se déploie en province. Ainsi, à l'hôpital Jacques Cœur de Bourges (Cher), note lefigaro.fr, "avec 516 dossiers ouverts en mai, nous dépassons nos objectifs", se réjouit son directeur Raoul Pignard. Actuellement, 70 % des dossiers "concernent des patients atteints de maladies chroniques", indique lefigaro.fr. Qui ajoute : " Les avancées de la région Centre dans le déploiement du DMP tiennent aussi à la forte implication des médecins libéraux des trois départements. Ceux-ci bataillent pour développer le volet médical de synthèse ou VMS, une synthèse des antécédents du patient, une version ”partageable” des notes des médecins traitants."

A l'échelle du pays, 160.000 DMP ont d'ores et déjà été créés. A ce rythme, prévoit Anne Monnier, directrice des territoires de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip), il y en aura 300.000 en décembre et 2 millions fin 2013. L'un des freins actuels à une plus grande vitesse de développement du DMP est l'informatique. En effet, re­lève le quotidien, "les trois-quarts des 214 logiciels recensés par l'Asip ne sont pas encore compatibles".
Frédéric Lavignette