Un Français sur deux démuni face à la dépendance d’un proche

Un nouveau sondage vient confirmer la difficulté pour les familles d’assumer la dépendance de leurs proches. Réalisé pour la Fédération hospitalière de France (FHF) et le Mensuel des maisons de retraites, ce baromètre laisse apparaître que plus de la moitié des Français (55%) ne se sentent pas capables de prendre en charge une personne âgée dépendante de leur entourage.

L’un des motifs invoqués par les personnes interrogées concerne bien entendu le coût occasionné par l’hébergement des personnes âgées en situation de dépendance. Comme le rapporte La Tribune (page 6), 42% des Français "se disent incapables de s’acquitter pour leurs parents, du prix moyen d’une maison de retraite (2 200 euros par mois)."

Cette somme est en effet considérable et 14% seulement des personnes dépendantes ont les moyens d’assumer cette prise en charge. Si les enfants intervenaient dans le financement, ce taux monterait à 53%. Les prix élevés en établissement ont également, avec le manque de places, "mauvaise presse" pour 52% des sondés, rapporte le quotidien.

Ils sont aussi 67% à se déclarer insatisfaits par l’action des pouvoirs publics dans ce domaine, ajoutent Les Echos (page 6). Il faut dire que selon l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), le reste à charge dévolu aux familles uniquement pour l’hébergement s’élève à 1 700 euros en moyenne, comme le rappelle La Tribune.

Dès lors, considère le président de la FHF, Jean Leonetti, il est préférable de favoriser le maintien à domicile. Ainsi, "on évitera le recours massif aux maisons de retraite, et on diminuera la charge financière pesant sur les familles".

Pour l’économiste Roméo Fontaine, c’est un leurre de croire que l’hébergement à domicile réduit les coûts, comme il l’a expliqué hier lors d’une table ronde organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Pour cet enseignant de l’université Paris Dauphine, "la tentation est grande de tout faire reposer sur les familles (…) en raison d’une idée fausse, qui est que leur aide est gratuite pour la collectivité. Or elle a un coût économique : en termes de retrait des aidants du marché du travail, en termes de diminution de leur temps de travail". De surcroît, ajoute-t-il, cette aide a un coût médical, puisque les aidants sont fragilisés physiquement et psychologiquement par ce soutien porté à leurs proches.

"Je suis une personne, pas un cancer"
Une nouvelle campagne de sensibilisation sur le cancer sera lancée demain par le ministère de la Santé et l’Institut national du cancer (Inca). Objectif principal : changer les représentations associées à cette maladie.

Comme l’explique Eric Favereau dans Libération (page 24), les personnes atteintes sont doublement touchées. Au-delà du cancer, elles souffrent par exemple de "malaise social, voire prise de distances avec l’entourage, difficultés de réinsertion professionnelle".

C’est donc pour remédier à ces situations d’exclusion que cette campagne a pour slogan : "Je suis une personne, pas un cancer", indique Le Figaro (page 11). Elle met en scène les portraits de cinq personnes qui, ayant été touchées par cette pathologie, réagissent aux commentaires maladroits de leur entourage familial, amical ou professionnel. Chacune de ces personnes, observe Libération, appelle ainsi les autres à ne pas la réduire à sa maladie, mais à la considérer comme une personne avant tout.

Frédéric Lavignette