croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Un 1er Mai très disputé

A cinq jours de l'élection présidentielle, le 1er Mai s'est transformé en bras-de-fer entre les syndicats, mobilisant plusieurs centaines de milliers de salariés, et Nicolas Sarkozy, qui les a sommés, devant ses partisans, de "poser le drapeau rouge", tandis que François Hollande mettait en garde son rival contre toute "bataille contre le syndicalisme".

"Le président a eu tort de défier les organisations syndicales, car la mobilisation est bonne, on est déjà 500.000 sur la France, hors région parisienne", a affirmé Bernard Thibault, à Libération (page 12), au départ du cortège parisien. Dans la capitale, les manifestants étaient 250.000 selon la CGT et 48.000 selon la police, soit, si on retient ce chiffre, quatre fois plus qu'en 2011.

"C'est la première fois qu'un président de la République cherche à s'emparer du 1er Mai", a fustigé le leader de la CGT, dénonçant le rassemblement du président-candidat, qui célébrait, place du Trocadéro, à Paris, la "vraie fête du travail". Nicolas Sarkozy a exhorté les syndicats à "poser le drapeau rouge" et à "servir la France", souligne Le Figaro (page 3). "Laissez de côté les partis. Parce que ceux que vous soutenez aujourd'hui ne vous le rendront pas", a notamment déclaré le président. "Nous sommes 200.000 !", a-t-il affirmé à l'ouverture de son meeting. "Impossible, la place [du Trocadéro] est trop petite", a confié, à Libération (page 13), un militant UMP.

De son côté, François Hollande a rappelé, à Nevers (Nièvre), que le 1er Mai était "la fête des syndicalistes", lors d'une cérémonie à la mémoire de Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre de François Mitterrand. Le candidat socialiste a voulu rendre hommage "à tous les syndicalistes de France, celles et ceux qui humblement, modestement, défendent les travailleurs".

Troisième rassemblement hier : celui de Marine Le Pen, qui a réuni sur la place de l'Opéra, à Paris, entre 5.000 à 10.000 partisans, selon les journalistes présents, 30.000 selon le Front national.

Ce soir à 21 heures, François Hollande et Nicolas Sarkozy s'affronteront pour le grand débat télévisé entre les finalistes de la course à l'Elysée, rappelle Libération (page 2). Le débat sera animé par Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), et diffusé simultanément sur BFM TV, i-Télé, LCI et France 24, ainsi que par de nombreuses radios. La santé et la protection sociale devraient faire partie des thèmes abordés. Le quotidien La Croix consacre un dossier spécial présentant, thème par thème, les positions respectives des deux candidats. En ma­tière de santé, le quotidien catholique (page 7) souligne seulement leurs divergences sur la légalisation de l'euthanasie.

Nouvelle agence du médicament
Le décret portant création de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSÉ), qui remplace l'Afssaps, est paru dimanche au Journal officiel, indique le quotidien La Croix (page 11). La création de l'ANSM était prévue par la loi du 29 décembre 2011 sur le renforcement de la sécurité sanitaire. Ce texte avait notamment vocation à réglementer les liens d'intérêt entre les professionnels de santé et l'industrie pharmaceutique et renforcer le suivi des médicaments par les autorités sanitaires. Selon le ministère de la Santé, "cette loi, qui refonde notre système de sécurité sanitaire, repose sur trois grands axes : la prévention des conflits d'intérêts et la transparence des décisions, un doute qui doit systématiquement bénéficier au patient, ainsi qu'une meilleure formation et information des professionnels de santé et des patients". Avec ce décret, les industriels ne pourront plus être représentés dans aucune instance de l'agence sanitaire.

"La gouvernance de l'ANSM se fait désormais sous le contrôle du Parlement, avec trois députés et trois sénateurs qui vont siéger au CA", explique le Pr Dominique Maraninchi, directeur général de l'actuelle Afssaps. "La nouvelle agence va disposer d'un fonds d'intervention de 15 millions d'euros, pour lancer des programmes de recherche publique sur la sécurité d'utilisation des produits de santé (médicaments, prothèses…), indépendante de l'industrie", ajoute-t-il. D'autres décrets devraient paraître prochainement sur le contrôle a priori de la publicité, les extensions d'autorisations de mise sur le marché (AMM) temporaires et des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) de molécules.
John Sutton