Un 1er Mai sous le signe des retraites

Cette année, le 1er Mai devrait être "un cru plutôt positif". C’est en tout cas ce que pressent Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. Avec pourtant 284 rassemblements prévus dans toute la France "personne ne s’attend en réalité à ce que le 1er Mai 2010 soit un grand millésime". estiment Les Echos (page 2).

Cette année, relève Le Parisien/Au­jourd’hui (page 7), "la belle unité syndicale réussie en 2009 ne sera pas au rendez-vous". En effet, FO a décidé de défiler dans son coin, la CFTC va limiter sa participation à des rassemblements en régions et la CFE-CGC ne sera pas au rendez-vous. "Qu’à cela ne tienne, souligne le quotidien. Les deux poids lourds du syndicalisme français – la CGT et la CFDT – préfèrent minimiser cette désunion." D’autant qu’ils seront rejoints par la FSU, l’Unsa et Solidaires.

En tout cas, estime Bernard Thibault dans un entretien accordé à Libération (pages 16 et 17), les négociations actuelles sur la réforme des retraites font que "cette édition est tout sauf un 1er Mai rituel". Pour ce leader, "si l’on veut peser sur le projet de loi, c’est maintenant qu’il faut se mobiliser, et non pas dans un mois quand le texte sera ficelé. Soyez sûr que le gouvernement, lui, sera très attentif au niveau de la mobilisation. Même s’il a déjà défini la philosophie de son projet".

"Bien sûr que le gouvernement a réfléchi à des scénarios", avance justement le ministre du Travail dans Le Figaro (page 4). Cependant, explique Eric Woerth, "je n’ai pas en tête la réforme que je proposerai au président de la République". Parce que le texte doit être présenté en juillet au Conseil des ministres, puis examiné à l’automne au Parlement, "Woerth va pourtant devoir avancer très vite", écrit Le Figaro.

Quoi qu’il en soit, la journée de demain fait figure de "journée test", signale Libération. "Celle qui pourrait en cas de réussite remettre en cause le dernier grand chantier du quinquennat de Nicolas Sarkozy. A l’inverse, en cas d’échec, elle ouvrirait la voie aux mesures les plus impopulaires que le gouvernement n’ose pas encore sortir publiquement de ses cartons."

Des sirops anti-toux déconseillés aux nourrissons
Depuis hier, un certain nombre de médicaments destinés aux enfants de moins de 2 ans, et délivrés sans ordonnance, ne sont plus en vente dans les pharmacies. En effet, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 12), l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a décidé, par mesure de précaution, de contre-indiquer "les sirops et autres médicaments en sachets ou en poudre contre la toux".

Censés fluidifier les sécrétions bronchiques des jeunes enfants, ces produits pourraient, au contraire, aggraver un surencombrement des bronches en raison de la faible capacité des nourrissons à tousser pour éliminer les sécrétions produites, estime l’Afssaps. Les médicaments mucolytiques, mucofluidifiants et expectorants (types Rhinatiol® ou Carbocistéine®), ainsi que le sirop Hélicidine® sont ainsi visés par cette recommandation.

Pour soulager un nourrisson qui tousse, il existe, dans un premier temps, des solutions simples, comme le lavage du nez au sérum physiologique, l’hydratation, l’aération de la chambre et l’éviction du tabac, indique l’Afssaps. Si la toux se prolonge plus de 45 jours sans amélioration, un avis médical est nécessaire.
Frédéric Lavignette