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Trop de médicaments inutiles ou dangereux

Les professeurs de médecine Philippe Even, directeur de l'Institut Necker, et Bernard Debré, député UMP, publient aujourd'hui Le Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux. Un livre qui prône "un grand mé­nage dans les pharmacies" et dénonce les dérives de l'industrie pharmaceutique, qualifiée de "la plus lucrative, la plus cynique et la moins éthique de toutes les industries". "Sur 4.000 molécules passées au crible, nous arrivons à la conclusion qu'un médicament sur deux est inu­tile, explique le Pr Even dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui (page 3). Et 5% de ces produits seraient même dangereux. "Mais les retraits d'autorisation de mise sur le marché (AMM) sont rares en raison de la pression majeure qu'exerce l'industrie pharmaceutique sur les autorités de santé et sur les médecins."

"Pour gagner de plus en plus d'argent, l'industrie a tenté d'allonger la France entière en élargissant la définition des maladies", dénonce Philippe Even, dans une interview au Nouvel Observateur (page 82), qui publie également les bonnes feuilles du livre. "Nous sommes ainsi tous devenus des hypertendus, des diabétiques, des hypercholestérolémiques, des artériels, des ostéoporotiques et des fous en puissance", ajoute-t-il avec humour.

Lorsque les brevets des grandes molécules sont tombés dans le domaine public et que celles-ci ont été remplacées par des génériques, les labos ont alors développé des "me too", "qui n'ont pas le moindre intérêt" thérapeutique, selon l'ancien doyen de la faculté de médecine de Paris. Ce dernier déplore dans Le Nouvel Observateur, que ces "quasi-copies relookées et remarketées", dites de deuxième ou de troisième génération, bénéficient de "prix et de remboursements égaux ou supérieurs à ceux des molécules originales".

Pourquoi l'Etat ne joue-t-il pas son rôle ? "Nos commissions d'évaluation […] laissent passer des molécules inefficaces et dangereuses, alors qu'elles savent que les essais cliniques réalisés par l'industrie sont biaisés, truqués, mensongers, masquant les dangers, amplifiant les effets positifs", dé­nonce le Pr Even dans l'hebdomadaire. "Quant à la pharmacovigilance, […] il s'agit plutôt de ”pharmacosomnolence”, ce que le Mediator® a bien illustré", ironise-t-il.

"A l'heure où la France a ses comptes dans le rouge, on ne peut plus attendre pour faire des économies majeures, es­time le Pr Even, dans Le Parisien. Le gouvernement doit décider d'un plan massif de déremboursement de ces médicaments inutiles. Selon nos calculs, cela permettrait à la France d'économiser 10 milliards d'euros."

Le régime étudiant attaqué
"L'UFC-Que choisir est partie en guerre" contre les "dysfonctionnements" de la Mutualité étudiante, qui a la particularité de gérer les deux régimes d'assurance maladie, le complémentaire et l'obligatoire, rapporte Le Figaro-économie (page 24).

Dans une enquête rendue publique hier, l'association de consommateurs critique sans ménagement les coûts de gestion de ce régime spécifique de Sécurité sociale, qui seraient trois fois plus élevés que ceux du régime général d'assurance maladie. Pour l'UFC-Que choisir, l'ensemble du système est à réformer. L'association suggère que la gestion régime étudiant soit confiée aux caisses primaires d'assurance maladie (Cpam).

La qualité des services est aussi épinglée : courriers et mails restés sans réponse, attente en agence, délais de plusieurs mois pour obtenir la carte Vitale, rapporte Le Monde (page 14). La Mutuelle des étudiants (LMDE), qui n'est pas la seule mise en cause dans cette enquête, conteste "les modalités de calcul" de l'UFC, indique le site Internet des Echos (www.lesechos.fr).
John Sutton