Trois pistes de réforme pour les retraites

C'est le 15 février prochain, au cours d'une réunion avec les syndicats et le patronat, que Nicolas Sarkozy dévoilera l'agenda des réformes sociales. "Outre l'emploi qui reste la grande priorité, et le chantier de la dépendance, le calendrier des retraites sera au coeur de ce rendez-vous", indiquent Les Echos (page 4).

Pour Le Figaro de samedi 16 janvier (page 22), "ce dossier des retraites représente un enjeu de taille". Pour le président de la République, il est l'heure de s'y attaquer : "Ça fait cinquante ans que nous gagnons un trimestre d'espérance de vie par an. Cette bonne nouvelle nous impose des décisions cinquante ans après", a-t-il déclaré, rapporte Le Parisien/Au­jour­d'hui de samedi 16 (page 12).

Avec l'évolution démographique ac­tuelle, la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) devrait connaître de sérieux revers d'ici à quelques années, note Le Figaro. "Les régimes de retraite (...) enregistreront des déficits abyssaux qui devraient atteindre entre 70 et 100 milliards d'euros à l'horizon 2040-2050."

Afin de rééquilibrer les comptes, Nicolas Sarkozy envisage trois solutions. La première consiste à relever l'âge de départ à la retraite, actuellement fixé à 60 ans. Cette option "présentée désormais comme l'un des paramètres du problème" est fortement rejetée par les syn­dicats, note le quotidien. Autre piste : augmenter le nombre d'annuités. Au­jour­d'hui, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, ce nombre est de 37,5. En 2012, il passera à 41 annuités. Le chef de l'Etat envisage encore d'augmenter "encore un peu" la durée de cotisations jusqu'à 42 ans.

La troisième suggestion de l'Elysée apparaît comme une invitation à la capitalisation. L'exécutif réfléchirait aux moyens fiscaux permettant de "drainer fortement une partie du taux d'épargne des Français (actuellement de 17%, un quasi-record depuis 1983) vers des fonds de capitalisation individuels clairement identifiés pour le financement de la retraite", observe Le Figaro.

Une combinaison de ces trois initiatives pourrait aussi être envisagée. Par exemple, en augmentant la durée de cotisation d'un an à l'horizon 2020 et en reportant l'âge légal de départ à la retraite d'un ou deux ans à compter de 2011. Une chose est sûre, avance ce quotidien : Nicolas Sarkozy se refuse de toucher au niveau du taux de cotisation afin de ne pas augmenter les prélèvements.

Une conférence sur les déficits publics
Lors de la conférence nationale sur les déficits publics, qui se tiendra le 28 janvier, de nouveaux moyens pour réduire la progression des déficits publics devraient être présentés par le ministre du Budget, Eric Woerth. En 2010, les dépenses pu­bliques devraient atteindre "le niveau record de 55,9% du PIB", préviennent Les Echos (page 4)

Inspiré par l'exemple allemand, Eric Woerth souhaiterait fixer "un niveau maximal de dépenses publiques". Pour cela, des réductions de dépenses en tous genres devraient être envisagées pour tous les ministères et le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite devrait être maintenu.

Concernant l'assurance maladie, indique le quotidien économique, il va s'agir de "ramener la progression des dépenses de remboursement à moins de 3% par an (contre 3,4% en 2009, et 3% prévus en 2010)". Dans cette optique, une partie des crédits de l'assurance maladie devrait être mise en réserve en début d'année afin de parer aux dépenses imprévues et aux dérapages.
Frédéric Lavignette