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Trois ans et demi après son lancement, le dossier médical personnel sur les rails

Peu de journaux sont présents aujourd'hui dans les kiosques du fait d'une grève. Parmi les quotidiens disponibles, Le Figaro annonce en "une", la "révolution" du dossier médical personnel (DMP). Trois ans et demi après la date prévue de son lancement, cet outil de coordination des soins est enfin prêt ! Prévu par la réforme de l'assurance maladie de 2004, le DMP devait aussi "permettre d'économiser 3,5 milliards d'euros par an sur les dépenses de santé", rappelle ce quotidien (page 25).

"Dans les jours qui viennent, chaque médecin pourra proposer à ses patients de leur ouvrir" un DMP, avance Le Figaro. Ce dossier médical électronique doit être accessible au patient comme aux professionnels de santé autorisés par le titulaire, grâce à sa carte Vitale, qu'ils soient médecins, pharmaciens, dentistes, infirmiers... "Le dossier pourra contenir des données écrites (antécédents, diagnostics, ordonnances, résultats d'analyse...) mais aussi quelques radios ou scanners", précise Le Figaro.

En 2009, une structure publique, l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip-santé), a eu pour tâche de relancer le projet. Cette agence a pour "objectif de rendre compatibles en deux ans les 100 logiciels professionnels les plus courants". Pour l'heure, seuls deux logiciels ont déjà été labellisés. En attendant, "chaque médecin pourra aller sur le site Internet dmp.gouv.fr pour créer le dossier de n'importe lequel de ses patients".

A terme, les informations saisies au cabinet via le logiciel utilisé par le professionnel de santé seront transférées d'un simple clic vers le dossier du patient, sur un hébergeur de données. "C'est un consortium mené par La Poste et la société de services informatiques Atos Origin qui a été retenu pour conserver ces données sensibles", précise Le Figaro.

L'Asip-santé se donne cinq ans pour juger du succès ou de l'échec du dossier médical personnel. Elle espère que 2 millions de dossiers seront ouverts en 2011. Parmi les leviers destinés à encourager le développement du DMP, l'agence veut "soutenir les réseaux spécialisés (cancer, diabète, accidents vasculaires cérébraux) partants pour s'équiper", indique Le Figaro. Pour ce faire, elle disposera d'une enveloppe pour "cofinancer les filières de soins ou bassins de santé volontaires". Elle devrait s'établir à 20 millions d'euros, d'après les promesses de l'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Travailler après un cancer n'est pas une sinécure
Le cancer "touchera un homme sur deux et une femme sur trois dans le courant de leur vie", rappelle Libération (page 12). Pourtant, "il n'y a aucune coordination entre le médecin de la Sécurité sociale, le médecin du travail, le médecin traitant", poursuit ce journal dans un article titré : "Quand le cancer s'invite au travail".

En effet, il n'existe "aucun dispositif sur lequel les entreprises peuvent s'appuyer", explique ce quotidien. Seul mécanisme à l'œuvre : "Un rendez-vous avec le médecin du travail avant la re­prise. Or, à peine 25% des personnes concernées en auront", ajoute-t-il. A titre de comparaison, en Allemagne, le retour à l'emploi "est clairement affiché comme objectif de santé publique".

Résultat : une étude effectuée auprès de jeunes femmes atteintes par un cancer du sein, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, montre que la plupart d'entre elles ont changé de métier. "A peine 15% ont retrouvé la même situation professionnelle après", indique Libération.

Les difficultés commencent dès l'annonce du diagnostic. En effet, ces patientes sont "souvent mal informées" sur le mécanisme des indemnités journalières et "commettent des erreurs lourdes de conséquences". En difficultés financières, elles doivent recourir à des "solutions de repli comme retourner vivre chez leurs parents ou reprendre le travail plus tôt qu'elles ne l'avaient envisagé". Certaines sont contraintes à la démission, sont licenciées ou "doivent vendre leur affaire", dans le cas des professions indépendantes. Les salariés qui ont été malades le disent : "Etre guéri, c'est aussi retrouver son travail".
Milène Leroy