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Travail et handicap : les entreprises peuvent mieux faire

Cinq ans après la loi sur le handicap, l'égalité d'accès à l'emploi est loin d'être acquise. Les entreprises sont toujours largement en deçà du quota de 6% de travailleurs handicapés et un certain nombre d'entre elles, surtout les PME, risquent de se voir plus lourdement sanctionnées à partir de 2010. Le taux d'emploi des salariés handicapés atteint péniblement les 2,8%, selon une récente étude de la Dares (ministère du Travail), rappelle Le Monde-économie (page 1). La 13e semaine pour l'emploi des personnes handicapées, qui a débuté hier, va tenter de sensibiliser davantage les entreprises et le grand public à cette question. Le volet le plus contraignant de la loi de 2005 entrera en vigueur l'an prochain. Il porte à près de dix mois de smic par salarié manquant la contribution des entreprises qui n'embauchent aucun handicapé durant trois années consécutives.

"En un an et demi, le nombre d'entreprises n'embauchant aucun handicapé a certes baissé de plus de 50% (12.000 actuellement, contre 27.000 en janvier 2008)", indique François Atger, de l'Agefiph, qui gère le fonds pour l'insertion des handicapés. "Mais seule une entreprise sur deux a atteint le seuil exigé des 6%. Le regard porté sur le handicap évolue, mais il y a loin du changement de regard au changement de comportement", ajoute-t-il dans le supplément "Economie" du Monde. Les plus grandes entreprises devraient éviter les sanctions car elles ont pour la plupart négocié un accord, mais les PME sont en plus mauvaise posture, relève L'Humanité (page 7).

Paradoxalement, si beaucoup de personnes handicapées n'arrivent pas à trouver leur place sur le marché de l'emploi, les entreprises s'arrachent les plus diplômées d'entre elles. "Nous sommes face à deux défis majeurs. Le premier est de pallier le manque de qualification (83% des personnes handicapées ont une qualification inférieure au BEP). Le second est de mettre plus facilement en relation ces personnes avec le monde de l'entreprise", expliquait hier Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, dans Les Echos.

Arrêts maladie : plus de contrôles
"La chasse à l'absentéisme est ouverte dans le secteur public", annonce Le Parisien/ Aujourd'hui (page 5). Les sénateurs ont voté, dans la nuit de dimanche à lundi, un amendement au PLFSS autorisant les médecins de l'assurance maladie à contrôler chez eux les fonctionnaires en arrêt maladie, comme c'est déjà le cas pour les salariés du privé. Dans un premier temps, six Cpam (Clermont-Ferrand, Lyon, Nice, Rennes, Strasbourg et Paris pour les seuls agents du ministère de l'Economie) vont expérimenter un nouveau dispositif de contrôle. Il prévoit une "interruption du versement de la rémunération" pour les agents refusant d'être contrôlés. A partir de 2012, prévient Bercy, "régions, départements, communes et établissements de santé seront fortement incités à appliquer ces règles" pour leurs personnels. Pour justifier ces nouvelles dispositions, le ministre des Affaires sociales, Xavier Darcos, a affirmé devant les sénateurs qu'"aujourd'hui, on contrôle peu les arrêts maladie des fonctionnaires".

John Sutton