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Tous les lots de furosémide sont rappelés

Au rythme où se succèdent les événements, on va bientôt pouvoir parler d'"affaire furosémide". Dans la seule journée d'hier, en effet, plusieurs nouveaux cas liés à l'erreur de conditionnement du diurétique produit par le laboratoire Téva ont été signalés aux autorités sanitaires, alors même que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) entamait son enquête suite à un premier décès signalé vendredi.

Il s'agissait d'un patient marseillais de 91 ans, victime d'un œdème pulmonaire après avoir cru prendre des comprimés de furosémide 40 mg, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Or, à la suite d'une inversion pour le moment inexpliquée dans l'usine de conditionnement de Sens (Yonne) du laboratoire Teva, des comprimés de zoplicone (somnifère) se sont substitués à ceux censés contenir du furoméside sur deux lots de ce produit (lots Y 175 et Y 176).

Pour éviter tout nouvel incident, l'ANSM a donc rappelé les deux lots incriminés puis s'est rendue sur le site du laboratoire de génériques à Sens (Yonne) pour identifier l'origine de l'inversion. Dans le même temps, de nouveaux cas potentiellement liés à cette erreur de conditionnement lui étaient signalés, explique Libération (page 16).

Le premier est une patiente de 101 ans morte le 20 mai à Compiègne. D'après Le Figaro (page 11), la preuve de la responsabilité du furosémide sera difficile à étayer car la famille s'est débarrassée des boîtes après son décès. Pour la même raison, l'enquête ne pourra pas non plus s'appuyer sur le cas d'une octogénaire ardéchoise souffrant de problèmes cardiaques et admise à l'hôpital à cause de somnolence avant son décès le 4 juin.

Enfin, complète Libération, "un autre cas est apparu, celui d'une patiente de 73 ans survenu à Tours. Hospitalisée en réanimation, elle aurait reçu des médicaments d'un des lots incriminés". A la suite de ces annonces, "en fin d'après-midi, l'ANSM a décidé le rappel de toutes les boîtes de furosémide Téva 40 mg, demandant aux patients de rapporter chez le pharmacien tous les lots", par mesure de précaution.

Pour le moment, observe Libération, on ignore exactement le nombre de boîtes concernées par cette inversion. Mille boîtes, peut-être dix mille ? De son côté, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré hier soir sur France 2, que tous les pharmaciens possédant les coordonnées des clients qui consomment ce générique doivent les contacter afin qu'ils rapportent leurs boîtes à l'offi­cine. Ils repartiront avec un produit équivalent délivré gratuitement, a-t-elle indiqué.

Des propositions pour mieux soigner les handicapés
Le renoncement aux soins touche de plein fouet les personnes en situation de handicap. C'est ce qui ressort du rapport récemment remis par Pascal Jacob à la ministre chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, et à la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. Dans ce document, indique Le Figaro (page 11), le président de l'association Handidactique aborde "l'accès aux soins dans toutes ses dimensions, de la prévention à l'hospitalisation en passant par les soins courants, la sensibilisation et la formation des soignants ainsi que la coordination des soins".

"Ce n'est pas au handicap de se rapprocher de la médecine, c'est à la médecine de se rapprocher du handicap", estime Pascal Jacob. Pour cela, il propose par exemple la création d'un label qui signalerait les cabinets médicaux adaptés aux handicapés. Aussi, pour mieux sensibiliser les soignants aux questions du handicap, il préconise la mise en place de stages de quinze jours dans structures spécifiques. Ces stages, suggère le rapport, pourraient "regrouper acteurs du soin et de l'action sociale afin de décloisonner davantage leurs pratiques professionnelles".

Les intentions réelles du gouvernement vis-à-vis du handicap seront visibles cet été, remarque Le Figaro. A cette période, se tiendra en effet la première réunion du Comité interministériel handicap (CIHP) où, inévitablement, la question des obstacles financiers à l'accès aux soins sera abordée. Selon Marie-Arlette Carlotti, les personnes handicapées en situation de précarité bénéficieront des mesures contenues dans le plan quinquennal de lutte contre la pauvreté.

En détail, explique-t-elle, "il s'agit notamment du relèvement du plafond de la couverture maladie CMU-C de 7% (en plus de l'inflation) et par voie de conséquence du plafond d'accès à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) dont bénéficieront un grand nombre de bénéficiaires de l'allocation pour adulte handicapé (AAH)".

Frédéric Lavignette