Tension aux urgences

Un rapport remis hier à la ministre de la Santé préconise de mieux gérer les lits à la sortie des ur­gences afin de désengorger les services, indique L'Humanité (page 7) : 162 établissements vont être concernés par ce dispositif de gestion des lits, a annoncé Marisol Touraine. A plus long terme, les 600 services d'urgence devront en être dotés, a-t-elle précisé. La question des lits d'aval est un problème récurrent aux urgences et nombre d'urgentistes se plaignent de ne pas pouvoir trouver de place pour leurs patients à l'issue de leur passage dans ce service.

"Le diagnostic est bon", estime, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), le Dr Marc Giroud, président du syndicat Samu-Urgences de France. Mais, "les choses n'avancent pas. La ministre nous dit que plus de 150 hôpitaux vont devoir s'organiser pour nous soulager, mais ces hôpitaux auront 18 mois pour le faire. C'est trop long !", juge ce médecin, qui appelle les urgentistes "à ne plus chercher eux-mêmes les lits d'hospitalisation en aval des urgences".

"Le 15 octobre, nous poserons notre sac et nous ne ferons plus que notre métier, rien que notre métier. Il n'y a que comme cela qu'on va réussir cette révolution culturelle à l'hôpital, ajoute-t-il dans Le Parisien. Nous pourrons passer 20 % de temps en plus auprès des patients." Le président de Samu-Urgences de France souligne, toujours dans ce quotidien, que le temps passé à la gestion des lits se fait au détriment des malades : "La prise en compte de la douleur est moins bonne et la mortalité hospitalière à dix jours augmente, notamment du fait du retard dans la prise d'une antibiothérapie ou d'un antalgique."

De son côté, la ministre de la Santé a assuré hier "être à l'écoute" des urgentistes. Parmi les autres mesures préconisées dans le rapport qui lui a été remis : la création d'une unité polyvalente affectée à l'évolution prévisible (saisonnière) des urgences, la mise en place de lits polyvalents dans l'établissement ou encore de consultations spécialisées pour les patients adressés par leur médecin traitant.

Retour de la taxe sur les boissons énergisantes
L'idée d'une taxe de 50 centimes d'euros par litre sur le Red Bull® et autres boissons contenant de la caféine, du ginseng ou de la taurine refait surface. Après une tentative avortée l'an dernier, le député socialiste Gérard Bapt revient à la charge. "Je déposerai le même amendement cette année au PLFSS", annonce-t-il dans Les Echos (page 3). En décembre 2012, le Conseil constitutionnel avait censuré son projet de taxe, au motif qu'aucun "critère objectif et rationnel" ne le justifiait.

Pourtant, six mois auparavant, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) signalait plusieurs effets in­désirables soupçonnés d'être liés à la consommation de boissons énergisantes, dont deux décès par crise cardiaque. Les effets rapportés sont d'ordres cardiaque (tachychardie ou trouble du rythme), neurologique (crises d'épilepsie, tremblements, vertiges…), psychiatrique (angoisses, agitation, confusion).

Cette agence de sécurité sanitaire rend aujourd'hui un nouvel avis sur ces boissons, indiquent Les Echos. Elle recommande d'ores et déjà que leur consommation soit réservée aux adultes et la déconseille aux femmes enceintes et en association avec de l'alcool. "Elles doivent être consommées avec modération et ne sont pas adaptées à la pratique d'une activité physique intense", précise l'Anses. De son côté, la ministre de la Santé a évoqué, dimanche sur France 5, "un encadrement plus fort" de la publicité pour ces boissons.

"Le mutuellisme, un engagement d'avenir"
L'Humanité consacre son cahier mensuel sur l'économie sociale et solidaire (ESS) à la Mutualité sous le titre : "Le mutuellisme, un engagement d'avenir." Parallèlement, son site Internet publie une tribune de Thierry Beaudet, président de la Mutuelle générale de l'Edu­cation nationale (MGEN) : "La voix mutualiste n'est pas aphone et ses voies sans portée" (cliquer ici).

Le quotidien rend compte notamment du débat organisé le 15 septembre à la Fête de l'humanité par la Mutuelle familiale, réunissant sa présidente Nora Tréhel, le délégué général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal, et Jean-Luc Gibelin, membre du conseil national du PCF en charge de la protection sociale. L'Humanité publie également une interview de Jacques Chemarin, président de Macif-Mutualité.

John Sutton et Pascal Lelièvre