Tempête mortelle

La tempête Xynthia, qui a traversé la France dans la nuit de samedi soir à dimanche midi, a causé la mort d'au moins 50 personnes. Si ce bilan est encore provisoire, il apparaît que "c'est la plus importante tempête depuis celle de dé­cembre 1999, qui avait causé le décès de 92 personnes en deux jours", note La Tribune ( page 5).

Une dizaine d'années plus tard, les symptômes sont à peu près les mêmes, rapportent Les Echos (page 17) : "Vents violents, forte marée, pluies diluviennes et crues de rivières ont provoqué des inondations, des chutes d'arbres, des effondrements de toitures, des ruptures de digues, mais aussi des annulations de vols, des retards de trains et la coupure de routes." Le Sud-Ouest, l'Ouest, le Centre et le Nord du pays ont été particulièrement atteints. Comme l'indique le quotidien, "la plupart des victimes se sont noyées sur le littoral atlantique, à cause d'inondations en Vendée, Charente-Maritime et Loire-Atlantique, mais aussi à la suite de chutes d'arbres en Haute-Garonne et dans l'Yonne".

Sur cette façade maritime, les images de cette "catastrophe nationale", selon les termes du Premier ministre, sont particulièrement impressionnantes, relève Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 5) : "Les vagues ont poussé des bateaux au milieu des routes. Les lotissements du bord de mer ont été noyés par les flots. Inexorablement, l'eau a monté, s'est immiscée avant de prendre au piège des habitants endormis qui sont pour la plupart morts noyés. Les autres ont dû être hélitreuillés ou ramenés sur la terre ferme en barges par les secours."

Hier après-midi, Xinthia a quitté la France pour se diriger vers l'Allemagne. En fin de journée, le chef du gouvernement a assuré que les arrêtés de catastrophes naturelles seraient publiés "dans les 48 heures", rapporte La Croix (pages 4 et 5). De son côté, la ministre de l'Economie a appelé les assureurs à une "mobilisation exem­plaire", indique La Tribune.

Pour sa part, la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) a rappelé que "tous les contrats d'assurance de biens comportent une garantie tempête". De la sorte, "tout détenteur d'un tel contrat sera indemnisé pour les dommages matériels qu'il aura subis du fait du vent".

Médicament à 15% : la Mutualité monte au créneau
208 médicaments devraient voir leur taux de remboursement passer de 35% à 15%. Comme le signale Le Parisien/Au­jourd'hui de samedi 27 février (page 6), une pre­mière liste vient d'être dévoilée : 171 spécialités princeps et 37 génériques dont le service médical est jugé faible. Parmi eux : des vasodilatateurs, des antiseptiques, des décontractants musculaires ou encore des antidouleurs. Cette dernière liste devrait permettre à l'assurance maladie d'économiser 145 millions d'euros. "Mais cette décision, qui devrait prendre effet en avril (...) ne va pas manquer de susciter des réactions et des interrogations", relève le quotidien.

Interrogé vendredi au journal de 18 heures de RTL, le président de la Mutualité Française a indiqué que la Mutualité avait pris une "position de principe incitant les mutuelles à ne pas rembourser ces médicaments à 15%". "Dans les années qui viennent vont arriver des médicaments essentiels contre des pathologies extrêmement lourdes comme le cancer. Ces médicaments sont très chers. Il faudra que tout le monde, demain, puisse y avoir accès. Dès lors, on ne peut plus continuer à rembourser des spécialités dont la Haute Autorité de santé juge qu'ils ont un service médical rendu insuffisant", a justifié Jean-Pierre Davant.

Le même jour, dans l'émission "Face aux auditeurs" sur RTL, le Dr Jean-Martin Cohen Solal, directeur général de la Mutualité Française, a illustré ce propos par un exemple. "Actuellement, de nouveaux traitements contre la leucémie sont disponibles. Un mois de traitement de Glivec® représente 2.500 euros par patient. Si l'on veut guérir les personnes atteintes par cette maladie avec ces traitements efficaces mais chers, il est préférable de consacrer les sommes dont on dispose à ces nouveaux produits plutôt qu'à de vieux médicaments reconnus obsolètes." Des propos également tenus au journal de 20 heures de TF1.

Pour la Mutualité, le taux de 15% n'a pas de sens. "Soit un médicament est utile, et il convient de bien le rembourser. Soit il est jugé peu efficace et on ne le rembourse pas du tout", estime Jean-Martin Cohen Solal dans un entretien paru dans La Dépêche du Midi du samedi 27 février. Sur France Info et Europe 1, le directeur général de la Mutualité Française craint que la création de ce taux soit, à terme, une "usine à baisse de remboursement". Dans ce cas, ce sont "les adhérents des mutuelles et leur famille qui seraient le plus pénalisés".
Frédéric Lavignette