Taxe sur les mutuelles : la GMF santé est un contre-exemple

Hier matin sur Europe 1, le ministre de la Santé a appelé les adhérents des mutuelles à demander des comptes sur les hausses des tarifs. Cette exhortation "n’est pas passée inaperçue du côté des complémentaires santé", constate le site Internet de la station. Citant à nouveau en exemple la GMF, Xavier Bertrand per­siste à dire qu’elles ne sont pas obligées de répercuter sur les cotisations le doublement de la taxe sur les contrats responsables et solidaires.

"Xavier Bertrand fait mine d’oublier que les dépenses de santé augmentent de 2 à 3% par an. Si nous voulons être à l’équilibre, nous devons augmenter nos tarifs", rétorque le directeur général de la Mutualité Française sur le site Internet d’Europe 1. Avec le vieillissement de la population, confirme europe1.fr, les dépenses de santé progressent. Par ailleurs, poursuit cette radio, les transferts de charges de l’assurance maladie vers les complémentaires se sont élevés à 2,3 milliards d’euros entre 2004 et 2010.

Pourquoi les mutuelles ne s’inspirent-elles pas de la GMF ? "La GMF santé est un cas très particulier, explique Jean-Martin Cohen Solal. Déjà, il s’agit d’une assurance mutuelle et non d’une mu­tuelle stricto sensu. Ensuite, la GMF santé vient de lancer sa complémentaire santé et cherche donc à attirer de nouveaux clients." En plus, ajoute-t-il, "cette activité ne concerne que 20 000 personnes sur ses 3,2 millions d’adhérents et moins de 0,2% de son chiffre d’affaires. Il paraît donc compliqué de comparer cet exemple à l’ensemble des mutuelles pour qui la santé représente 85% de leur activité".

Autre sujet évoqué par europe1.fr : les frais de gestion. Selon cette radio, ils se sont élevés à 7,7 milliards d’euros pour le régime général en 2010 et à 7 milliards pour les complémentaires. "Comparer un monopole public et un secteur concurrentiel, c’est comme comparer des choux avec des carottes, estime le directeur général de la Mutualité Française. Contrairement aux mutuelles, l’assu­rance maladie n’a pas besoin de récolter les cotisations des adhérents. C’est l’Acoss qui s’en charge."

Par ailleurs, le supplément Argent du Monde (page 2) consacre son éditorial aux "mutuelles ponctionnées au profit de la Sécu". "Faire appel aux complémentaires santé pour renflouer la Sécurité sociale, il fallait y penser !, écrit Patrick Lelong. C’est comme si, pour soigner un arbre dont le tronc dépérit, on s’occupait des branches et des feuilles, mais pas des racines." "Plutôt que de mettre en place une vraie réforme structurelle, on préfère taxer. [...] Est-ce bien raisonnable ?", interroge l’éditorialiste.

Contraception : l’appel de la MGEN et de la LMDE

"De trop nombreux centres de planification ferment, les IVG concernent de plus en plus de jeunes filles, l’assurance maladie prend insuffisamment en charge les contraceptifs, l’éducation sexuelle n’est que trop rarement enseignée à l’école", déplorent La Mutuelle des étudiants (LMDE) et la MGEN, dans un appel lancé hier aux pouvoirs publics, rap­porte le site Internet lexpress.fr. Cet appel est également relayé par lemonde.fr, nouvelobs.com et lesechos.fr. Ce matin, sur France Info, le président de la MGEN, a déploré le fait qu’alors qu’il existe un corpus de lois sur la contraception, "on assiste dans les faits à un recul du droit à la contraception". "Il faut passer des droits formels à des droits réels", a poursuivi Thierry Beaudet.
Les deux mutuelles demandent au gouvernement de "développer des programmes de prévention à tous les âges de la vie". Elles souhaitent aussi obtenir la garantie d’un "suivi gynécologique" pour toutes les femmes, grâce à la présence de praticiens assurant ce suivi sur tout le territoire sans dépassement d’honoraires ou l’organisation d’une consultation gratuite pour les plus de 50 ans.

La LMDE et la MGEN, soutenues par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français et la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, demandent aux pouvoirs publics de "garantir la gratuité de l’ensemble des moyens de contraception disponibles" et "de défendre le droit à l’avortement sur tout le territoire", via l’accès à des structures de proximité "capables de prendre en charge les femmes dans les délais prévus par la loi". Selon un sondage MGEN-LMDE, réalisé par Opinionway, une femme sur cinq ne bénéficie d’aucun suivi gynécologique régulier. Les trois-quarts des femmes âgées de 16 à 60 ans (et les deux tiers de l’échantillon représentatif) sont sous contraceptif, principalement sous pilule.
John Sutton