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Taxe Fillon : les mutuelles ne désarment pas

"Chaque jour voit se développer de nouveaux arguments contre la taxe santé", constate La Tribune (page 14). Les mutuelles n’ont de cesse de dénoncer l’augmentation de la taxation des complémentaires santé depuis 2007, qui accélère les hausses de tarifs et fragilise les populations les moins favorisées.

"Je ne pense pas qu’il y ait eu un autre segment d’activité dans notre économie qui ait subi une augmentation des taxes aussi significative", s’indigne Thierry Beaudet, président de la Mutuelle générale de l’Education nationale. Il va proposer au prochain conseil d’administration de la MGEN "de répercuter dès 2012 la nouvelle taxe de 3,5% sur l’assiette santé". En revanche, ajoute-t-il, nous ne répercuterons pas les 12 millions d’euros perdus en 2011, dus à l’application de cette taxe le 1er octobre. De son côté, la Mutuelle générale (MG) prévoit d’augmenter ses tarifs de 8 à 10% en moyenne.

Aux parlementaires ou aux ministres qui évoquent l’existence d’un "trésor caché", qui leur permettrait de ne pas répercuter intégralement la taxe sur les adhérents, les mutuelles font valoir leur gestion prudente et leurs besoins d’autofinancement, indique La Tribune.

Pour un spécialiste du secteur, "le niveau de solvabilité souhaitable est sans doute entre 150 et 200% de marge par rapport aux exigences réglementaires pour une mutuelle qui ne ferait que de la santé". Mais ce niveau peut dépasser 300% dès lors que la mutuelle propose également des garanties sur les risques longs comme la prévoyance ou la dépendance.

"Alors que débutent aujourd’hui les négociations sur les dépassements d’honoraires, les mutuelles affutent leurs arguments pour obtenir cette fois des contreparties à toute augmentation de la charge des remboursements", conclut La Tribune.

Dans la rubrique Rebonds de Libération (page 25), l’économiste Pierre-Yves Geoffard évoque le risque que certains assurés renoncent à leur complémentaire santé devenue trop chère. "Ce risque est réel, même si la communication officielle du gouvernement insiste sur le fait que les multiples hausses des quinze dernières années, dues en grande partie aux transferts de dépenses de la Sécurité sociale vers les complémentaires, n’ont pas entraîné une telle désaffection des complémentaires", explique l’économiste. "Allons bon ! Les consommateurs ne réagissent donc pas à une hausse des prix. Ils sont si inertes ces assurés…", ironise-t-il. "La complémentaire santé ferait donc partie de ces ”dépenses contraintes” de fait, c’est plausible, mais alors il faut reconnaître que cette mesure réduit d’un milliard le revenu disponible, pourtant pas en pleine forme ces derniers temps", ajoute Pierre-Yves Geoffard.

Loi sur le médicament : vote des députés
L’Assemblée nationale devrait approuver aujourd’hui une réforme du contrôle des médicaments, élaborée après le scandale du Mediator®, rapporte L’Humanité (page 10). Malgré plusieurs concessions du ministre de la Santé faites à la gauche lors du débat, les députés socialistes devraient maintenir leur opposition au texte, tandis que les communistes voteront contre.

Selon ce texte, l’ensemble des acteurs du secteur sanitaire devront désormais souscrire à des déclarations d’intérêts sur une période d’au moins cinq ans. Ces déclarations seront rendues publiques, mais la création d’une instance de contrôle a été écartée par le gouvernement, souligne L’Humanité. Un autre volet majeur du projet de loi est le renforcement de la surveillance des médicaments après leur autorisation de mise sur le marché (AMM) et la rupture avec la gouvernance actuelle du médicament. Celle-ci passe par la création d’une nouvelle agence, rebaptisée Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

La gauche a obtenu, en séance, que les laboratoires pharmaceutiques ne siègent pas au conseil d’administration de cette nouvelle agence, qui remplace l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), éclaboussée par le scandale du Mediator®. De plus, Catherine Lemorton, députée socialiste et pharmacienne de profession, a obtenu que soit créé un portail public qui fournira, sur Internet, l’ensemble des "données scientifiques et administratives sur les maladies et leurs traitements".

En revanche, l’opposition a échoué à imposer aux laboratoires de mener des essais comparatifs sur les nouveaux médicaments, note L’Humanité. En séance, Xavier Bertrand a néanmoins concédé que la nouvelle agence du médicament pourra demander ces tests et qu’en cas de refus, l’industrie pharmaceutique devra apporter une justification. Reste à savoir si le Sénat, récemment passé à gauche, renforcera le texte.

Un Français prix Nobel de médecine
Le biologiste français Jules Hoffmann a reçu hier le prix Nobel de médecine pour avoir "révolutionné" les connaissances sur le système immunitaire.

Un prix qu’il partage avec deux autres chercheurs : l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman, décédé le 30 septembre, rapporte Le Figaro (page 15). Les travaux des lauréats "ont ouvert de nouvelles voies pour le développement de la prévention et pour des thérapies contre les infections, les cancers et les maladies inflammatoires", a expliqué le jury du prix Nobel. C’est la douzième fois que le Nobel de méde­cine récompense des travaux sur le système immunitaire.
John Sutton