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Tarifs des médecins : tendre vers la suppression du secteur 2

A l’occasion de l’assemblée générale de la Mutualité Française, qui se tient aujourd’hui à la Maison de la Mutualité, Etienne Caniard a accordé une interview au Parisien/Aujourd’hui (page 10).
Le président de la Mutualité Française y évoque les principaux objectifs du mouvement, qui devraient figurer dans la résolution votée en fin de journée par les délégués : faciliter l’accès aux soins, limiter les dépassements d’honoraires et supprimer les franchises médicales…

Sur l’accès aux soins, "y a-t-il péril en la demeure ?", l’interroge Daniel Rosenweg. "Oui, car le taux de renoncement aux soins ne cesse d’augmenter, constate le président de la Mutualité Française. Avec la réduction des remboursements des soins courants, l’assurance maladie mène une politique dangereuse." "Pour faciliter l’accès aux soins, nous voulons revenir à des tarifs transparents et supprimer le reste à charge des patients", propose-t-il.

En ce qui concerne les dépassements d’honoraires, Etienne Caniard considère qu’"il faut mettre fin aux abus et tendre à supprimer le secteur 2, où les dépassements sont autorisés". En conséquence de quoi, la Mutualité est prête à accepter une revalorisation des tarifs de consultation des généralistes.

"Comment combler le déficit de la Sécu ?" "Il faut augmenter la CSG, prône Etienne Caniard. C’est le système le plus efficace et le plus juste, car son assiette touche aussi bien les revenus du travail que ceux du capital." Quid des franchises médicales ? Pour le président de la Mutualité, elles "sont un vrai motif de renoncement aux soins". Des économies sont possibles par ailleurs. "Par exemple, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie estime que trois millions d’hospitalisations de personnes âgées par an sont inappropriées et coûtent à l’assurance maladie 2 millions d’euros."

La Mutualité continue de réclamer la suppression de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA), relevée à deux reprises en 2011. "Nous ne sommes pas un collecteur d’impôts !", lance Etienne Caniard. Le total des taxes atteint aujourd’hui 13,27% du chiffre d’affaires. "Nous nous engageons à tout reverser sous forme de prestations à nos adhérents", assure-t-il.

Moins de pharmacies
"Le nombre de pharmacies recule lentement", titrent Les Echos (page 4). Quelque 141 pharmacies ont fermé leurs portes en 2011, ramenant le nombre d’officines à 22.080 (- 0,5%). "Le recul peut paraître faible, mais il risque de s’accélérer en raison de la démographie de la profession", prévient Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre des pharmaciens.

Selon l’institution, l’âge moyen des pharmaciens atteint 49 ans et un tiers d’entre eux sont âgés de plus de 55 ans. "Ce n’est pas forcément un problème en soi que le nombre d’officines recule, reconnaît Isabelle Adenot. Il n’y a pas de déserts pharmaceutiques en France. Mais les fermetures se font parfois dans les zones où la densité est déjà faible." "Pas toujours dans les campagnes reculées", remarque Le Figaro-économie (page 23). Ainsi, les 19e et 20e arrondissements de Paris comptent respectivement une pharmacie pour 3.500 et 4.200 habitants.

Mais avec 35.000 officines pour 100.000 habitants, la France possède un des réseaux les plus importants d’Europe, constatent Les Echos. On compte 26 pharmacies pour 100.000 habitants en Allemagne, 18 au Royaume-Uni, 11 aux Pays-Bas, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en 2011.

Cette densité a un coût relèvent Les Echos s’appuyant sur les conclusions de ce rapport. "La distribution en gros et au détail représente environ 30% du prix des médicaments", poursuit le quotidien. Les Français étant de gros consommateurs de médicaments, le système de distribution apparaît donc comme "relativement onéreux", souligne l’Igas.

Par ailleurs, les officines ne semblent plus attirer les jeunes pharmaciens, selon Le Figaro-économie. "Plus d’un jeune qui finit ses études sur quatre renonce à exercer le métier de pharmacien", estime la présidente de l’Ordre. On les retrouve dans le secteur hospitalier, les laboratoires d’analyses médicales, mais aussi dans les secteurs du marketing et du contrôle de gestion…

John Sutton