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Surriradiés d’Epinal : premières sanctions

Roselyne Bachelot a révoqué le chef de service de radiothérapie de l’Hôpital Jean Monnet d’Epinal (Vosges), où 5.500 patients traités entre 1987 et 2006 ont été victimes de surriradiation, annonce Le Figaro (page 9). "Cette décision a été prise après l’avis du conseil de discipline des praticiens hospitaliers", a indiqué hier le ministère de la Santé (Le Parisien-Aujourd’hui, page 14). "L’usage de la révocation, qui constitue la sanction disciplinaire la plus lourde à la disposition de la ministre, est à la hauteur des manquements graves aux obligations d’information et de suivi constatés pour l’un des thérapeutes", précise un communiqué. Un blâme a par ailleurs été prononcé à l’encontre d’un autre médecin, afin de sanctionner "le suivi inadapté des patients".

Philippe Stabler, président de l’Association vosgienne des surriradiés de l’hôpital d’Epinal (AVSHE), s’est déclaré satisfait. Cette décision "ne nous ramènera pas notre santé et ne changera pas notre destin, mais c’est un peu réconfortant", a-t-il ajouté. "Cela renforce notre statut de victime", a avancé le président de l’AVSHE, précisant qu’avant que le scandale n’éclate, certaines victimes s’étaient vues répondre : "Mettez un peu de pommade, ça va passer !" ou "Vous êtes douillet".

L’Humanité (page 10) rappelle que le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) de mars 2007 indiquait que les victimes souffraient toutes "de douleurs intenses, d’écoulements, d’hémorragies nécessitant des transfusions répétées, de fistules pour la plupart, de difficultés à rester assises, à se déplacer ou à dormir…". "Elles souffrent en outre d’une altération de l’état général, de dépression et ont besoin en permanence de poches, sondes et cathéters", ajoutait le rapport.

Roselyne Bachelot a annoncé qu’elle "engagera un travail relatif aux droits et devoirs des médecins, afin d’assurer aux personnels médicaux une meilleure information concernant leurs droits et obligations vis-à-vis des patients et des autorités de tutelle", rapporte L’Humanité. Elle a assuré qu’elle suivait cette affaire "avec la plus grande attention" et "réitère son soutien le plus total envers les victimes et leurs familles". Environ 300 personnes ont reçu une première indemnisation d’un montant de 10.000 euros, le reste devrait être réglé dans les semaines à venir.

Les chômeurs sous pression
Le gouvernement a donné hier le coup d’envoi de la renégociation de l’assurance-chômage, en recevant les partenaires sociaux à Bercy pour leur exposer son projet de loi sur l’offre "raisonnable" d’emploi. Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, a fait valoir que les syndicats, saisis de cette question dès 2003, n’étant pas parvenus à s’entendre, "c’est donc au gouvernement de prendre ses responsabilités", rapporte lemonde.fr. Quant à savoir si l’offre d’emploi "raisonnable" devrait être un CDI, un CDD ou un temps partiel, le gouvernement n’a pas répondu de manière définitive. Les syndicats, eux, ne l’entendent pas de cette oreille. "Rigide, inadapté, injuste", a lancé Annie Thomas, vice-présidente CFDT de l’Unedic, pour qualifier le projet du gouvernement, accusant celui-ci de "polluer le débat avec cette question pour faire plaisir à l’électorat de droite". De son côté, FO a dénoncé "la tactique du boa constrictor qui consiste, pour le gouvernement, à nous embrasser pour mieux nous étouffer", note Le Parisien/Aujourd’hui (page 6). Enfin, la CGT a souligné l’absence de dialogue et a déploré que le gouvernement propose aux chômeurs de "passer de la misère à la pauvreté ou de la pauvreté à la misère" (L’Humanité page 3).

John Sutton