Sondage sur l’accès aux soins des Français : les délais d’attente, facteur de renoncement

Plus de la moitié des Français (58%) disent avoir déjà renoncé à consulter un spécialiste parce que le délai était trop long pour obtenir un rendez-vous, notamment chez un ophtalmologiste. C’est ce qui ressort d’un sondage Ifop pour le cabinet conseil Jalma, publié hier dans Le Journal du dimanche (pages 16 et 17).

Selon les personnes interrogées, il faut, en moyenne, patienter 103 jours pour voir un ophtalmologiste, 51 jours pour un gynécologue, 38 jours pour un dermatologue, 29 ou 28 pour un cardiologue, un ORL, un psychiatre ou un rhumatologue. En revanche, avec seulement 4 jours d’attente, les cabinets de généralistes demeurent un refuge.

Selon le même sondage, obtenir une consultation d’un spécialiste à l’hôpital est plus long que pour un spécialiste libéral : 31 jours pour un cardiologue hospitalier, 29 jours pour un libéral, 21 jours pour un radiologue en hôpital, 13 jours pour un libéral. Ce phénomène explique en partie le recours massif aux urgences : 27% des sondés justifient s’y être rendus faute d’avoir pu obtenir un rendez-vous dans des conditions raisonnables de délai ou de coût.

"En révélant un décalage entre l’agenda des spécialistes et celui de leurs malades, notre étude suggère une piste de réforme majeure : il faut que les premiers s’adaptent aux contraintes horaires des seconds, estime Mathias Matallah, président du cabinet Jalma. Pour l’instant, seuls les patients qui ont des marges de liberté dans leur emploi du temps peuvent dégoter rapidement un rendez-vous chez l’ophtalmo ou l’ORL. Les autres restent piégés des mois dans les files d’attente."

Si les délais d’attente constituent un obstacle à l’accès aux soins pour l’ensemble des Français, c’est l’argent qui, pour les étudiants, représente le principal frein. Selon la LMDE, un étudiant sur cinq a renoncé à une consultation médicale pour raisons financières dans les douze derniers mois, souligne Libération (page 12).

Pour cette raison, les deux principales organisations étudiantes, l’Unef et La Fage, demandent la suppression de la taxation des contrats des mutuelles, qui en renchérissant le coût de l’adhésion, risque de provoquer une "crise sani­taire". En lançant une pétition com­mune, le 27 octobre, l’Unef et la Fage ont demandé à rencontrer le ministre de l’Enseignement supérieur. "Mais Laurent Wauquiez, très occupé à critiquer les promesses de campagne de François Hollande ou de demander qu’une partie des HLM soit réservée à ”des gens qui travaillent” n’a pas répondu", ironise Libération.

"Dans un premier temps, optimiste, Laurent Wauquiez semblait croire que les mutuelles étudiantes n’allaient pas répercuter la hausse de la taxe sur leurs tarifs. Mais en raison de leur situation financière fragile, elles n’en ont guère les moyens", explique le quotidien. La Fage et l’Unef rappellent au ministre leurs revendications : la création d’un "chèque santé" pour faciliter l’accès à une mutuelle et la création de maisons de santé étudiantes.

Arrêts maladie : les fonctionnaires aussi
"Les fonctionnaires n’échapperont pas au tour de vis que le gouvernement prépare sur les arrêts maladie", annoncent Les Echos (page 4). C’est le site Internet de La Tribune (www.latribune.fr) qui a révélé le premier, ce week-end, l’information selon laquelle le gouvernement prépare l’instauration d’une journée de carence en cas d’arrêt maladie pour les salariés de la Fonction publique. Le délai de carence ne s’appliquait jusqu’à maintenant qu’au secteur privé, où il devrait bientôt passer de trois à quatre jours, afin de réduire les dépenses d’indemnités journalières de 220 millions d’euros.

Le gouvernement doit présenter aujourd’hui à l’Assemblée un amendement au projet de loi de finances, puisqu’il s’agit d’une mesure concernant le budget de l’Etat. Cet amendement modifiera le mode de calcul des indemnités journalières des fonctionnaires, qui ne seront plus prises en compte pour le premier jour du congé maladie. Cette me­sure s’inscrit dans le nouveau train de mesures visant à réduire les dépenses de l’Etat de 7 milliards d’euros en 2012, annoncé la semaine dernière par le Premier ministre.
John Sutton