Sondage Louis Harris pour la Mutualité : la santé , 3e préoccupation des Français

Taxes sur les mutuelles, déremboursements, dépassements d'honoraires, déficit chronique de la Sécurité sociale... "Les questions de santé sont une vraie source d'inquiétude pour les Français", constate Le Parisien/Au­jourd'hui (page 6). C'est même leur troisième préoccupation, derrière l'emploi et le pouvoir d'achat, mais devant l'éducation et le logement. Les trois-quarts des Français considèrent que les candidats à l'Elysée sous-estiment l'impor­tance de la santé, selon un sondage Louis Harris, réalisé pour la Mutualité Française, publié en exclusivité par le quotidien.

"Incontestablement les propositions des candidats ne sont pas à la hauteur des enjeux", observe le président de la FNMF, Etienne Caniard. Si cette question est si importante pour les Français, "c'est qu'ils ne veulent pas ajouter une inégalité, celle de l'accès aux soins, à des inégalités déjà existantes". Une crainte confirmée par les résultats du sondage de la Mutualité : 35% des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé à des soins et la moitié ont déjà reporté une consultation médicale.

La taxation des mutuelles a été "mal digérée" par les Français. En effet, la pétition "Un impôt sur notre santé, c'est non !" a recueilli un million de signatures, annoncent de nombreux médias : Le Pari­sien/Aujourd'hui, Le Quotidien du médecin (page 3), le quotidien régional Sud-Ouest et le site Internet de L'Argus de l'assurance (www.argusdelassurance.com). "Deux ans après sa création, précise Etienne Caniard, cette taxe atteint 7% et représente une ponction de 2,2 milliards d'euros au total. C'est presque autant que ce que coûte à l'assurance maladie les dépassements d'honoraires des médecins (2,5 milliards d'euros), qui sont une véritable bombe à retardement."

La Mutualité Française attend des engagements concrets de la part des candidats à la présidentielle. C'est pourquoi elle organise aujourd'hui, à la Maison de la chimie, à Paris, un débat en leur présence ou celle de leurs représentants en matière de santé, annonce Le Parisien.

Etienne Caniard souhaite "une re­mise à plat du système". Aujourd'hui, plaide-t-il, "la Sécu ne rembourse plus que 4% des dépenses d'optique et les dentistes fixent leurs tarifs en fonction du niveau de remboursement du patient par sa mutuelle. C'est un système absurde !".

Un traitement de l'hépatite C mis en cause
Depuis près d'un an, le laboratoire américain Merck aurait dissimulé les dysfonctionnements de son stylo servant à injecter le ViraferonPeg®, un des traitements de référence, à base d'interféron, contre l'hépatite C, révèle Libération (pages 1 à 4). En 2011, le Pr Albert Tran, chef du service d'hépatologie de l'hôpital de l'Archet à Nice, observe que le stylo de Merck se bloque et n'injecte pas la dose d'interféron, tout en laissant croire que le produit est passé. Un dysfonctionnement confirmé par les résultats de deux études virologiques qui comparent le ViraferonPeg® avec son concurrent le Pegasys®.

En février 2011, le Pr Tran transmet le résultat de ses recherches au laboratoire Merck, qui prend l'affaire très au sérieux. La directrice des affaires réglementaires prévient le siège américain ainsi que les autorités sanitaires. L'Afssaps et l'Agence européenne du médicament affirment n'avoir reçu aucun signalement l'an dernier. L'association de patients SOS hépatites et l'Association française pour l'étude du foie (Afef) déclarent ignorer le problème signalé par le Pr Tran. S'agit-il d'un dysfonctionnement isolé ou généralisé ? Ou bien d'une fausse alerte, comme l'affirme Merck ? Beaucoup plus tranchant, l'éditorial de Libération (page 2) met en cause l'industrie pharmaceutique, qui "si elle se refuse à une transparence exigeante, permanente et systématique, risque fort d'ajouter la ruine au discrédit".
John Sutton