Sommet social très attendu

C'est dans un climat social tendu que Nicolas Sarkozy reçoit cet après-midi les organisations syndicales et patronales pour trouver un terrain d'entente face à la crise et annoncer des premières mesures. Le président de la République fera ensuite une déclaration, diffusée dans les journaux télévisés de 20 heures, dans laquelle il devrait annoncer des mesures en faveur des chômeurs, des jeunes et des ménages, selon Les Echos (page 1). "Sarkozy veut faire un geste sur le pouvoir d'achat", titre Le Figaro en "une". Selon ce quotidien, le chef de l'Etat pourrait annoncer la création d'un chèque emploi-service de 200 euros pour les personnes âgées bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), la suppression du 2e tiers provisionnel pour les foyers fiscaux les plus modestes et, enfin, une meilleure indemnisation du chômage partiel.

Le chef de l'Etat réunira autour de lui cet après-midi, les ministres des Affaires sociales, de l'Economie, de l'Industrie, du Budget et des Comptes sociaux. Ce dernier, Eric Woerth, a annoncé hier "qu'au total, le déficit de la Sécurité sociale pourrait frôler les 15 milliards d'euros en 2009". A l'origine de cette révision drastique des prévisions, la diminution de la masse salariale, qui pèse sur les recettes de la Sécurité sociale, explique La Tribune (page 5). "Cette dégradation des comptes de la Sécurité sociale tombe au plus mal, alors que le gouvernement cherche désespérément des marges de manoeuvre pour financer les mesures anticrise présentées lors du sommet social d'aujourd'hui", souligne Agnès Laurent dans La Tribune.

De leur côté, les syndicats craignent des mesures trop limitées sur le pouvoir d'achat et maintiennent la pression. "Loin, en général, des attentes syndicales, les pistes de réponse sarkozystes font l'impasse sur les salaires", juge par avance L'Humanité (page 2). Le patronat exclut, pour sa part, tout geste sur les salaires venant des entreprises. "Il n'est pas question de discuter du partage des profits", prévient la présidente du Medef, Laurence Parisot dans un débat, organisé par Les Echos (page 2), avec Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. "Que ce soit bien clair : nous ne rouvrirons pas de négociation sur l'assurance-chômage ou sur le chômage partiel", avertit également la patronne des patrons. "Ne sous-estimez pas le profond sentiment d'injustice qui se développe dans le pays", lui rétorque le leader syndical.

Selon l'Insee, en 2007, 52% des profits ont été réinvestis dans les entreprises, 42% distribués aux actionnaires et seulement 5,5% aux salariés, via l'intéressement et la participation (Les Echos, page 4). Enfin, selon le baromètre BVA, publié dans Les Echos (page 3), 60% des Français jugent "mauvaises" les mesures prises ces derniers mois par le gouvernement pour lutter contre la crise. En revanche, ils plébiscitent la relance par la consommation.

Cancer : des risques au premier verre
Mauvaise nouvelle pour les amateurs de grands crus : "l'augmentation du risque de cancer est significative dès une consommation moyenne d'un verre de vin par jour", souligne l'Institut national du cancer (Inca), dans une brochure mise en ligne hier (www.e-cancer.fr).

"L'effet dépend de la quantité d'alcool consommée et non du type de boisson alcoolisée", précise, dans Le Figaro (page 10), Paule Martel, directrice de recherche à l'Inca. "La consommation des boissons alcoolisées est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, colon, sein et foie; cela va de 9% à 168% par verre" selon les différentes localisations des cancers, souligne l'Inca, cité dans Libération (page 12). L'Inca publie la liste de ce qu'il faut manger (et ne pas manger) pour éviter ces maladies (Le Monde page 24). Un apport de 5 fruits et légumes variés par jour et d'aliments riches en fibres diminue les risques. En revanche, "la consommation de viandes rouges et de charcuterie est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal". Enfin, une trop forte proportion de sel et d'aliments salés augmente le risque de cancer de l'estomac.

John Sutton