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Sommet social : syndicats et patronat font grise mine

Comme cela était prévisible, les représentants syndicaux sont ressortis du sommet social, qui se tenait hier à l'Elysée, la mine plutôt agacée. L'objectif de cette rencontre "qui a duré plus de trois heures était de faire le bilan des actions anticrise engagées en 2009 et de reconduire certaines d'entre elles", rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 6).

Au cours de ce sommet, poursuivent Les Echos (page 10), le chef de l'Etat a an­noncé l'annulation de certains dispositifs et la conservation d'autres mesures. Par exem­ple, certaines dispositions de soutien à l'emploi vont être maintenues jusqu'à la fin de l'année. C'est le cas des aides à l'embauche des apprentis tout comme l'aide au chômage partiel, correspondant à une aide exceptionnelle de l'Etat.

Parmi les suppressions figure l'exonération de charges sur les embauches pour les très petites entreprises (TPE). Dans le camp patronal, cet abandon n'a pas été des mieux reçu, indique le journal économique. "Ce sont les petites entreprises qui sont les plus en capacité de créer des emplois, Ce n'est certainement pas le moment de leur ajouter des contraintes", a réagi la présidente du Medef, Laurence Parisot.

En outre, poursuit Libération (page 5), c'en est également fini de la prime de 150 euros versée à 3 millions de familles modestes. Même sort pour les bons d'achats destinés aux services à la personne. "C'est un tout petit début. La réduction drastique des déficits va demander d'autres efforts. Et vu l'ampleur des sommes à trouver – le gouvernement table sur 50 millions d'euros de réduction des dépenses d'ici à 2013 – tous les outils seront donc mis à contribution", analyse le journal.

Certaines mesures nouvelles émaneront peut-être des réflexions du groupe de travail sur la dette sociale, qui doit entamer très prochainement ses travaux. Selon Les Echos, ce groupe présidé par le ministre du Budget, François Baroin, doit résoudre la difficile équation de la dette de la Sécurité sociale. En effet, rappelle le quotidien économique, "l'Acoss va devoir supporter cette année deux années de déficits des comptes sociaux, soit près de 60 milliards d'euros"...

Faute inexcusable pour un employeur du bitume
Le tribunal des affaires de Sécurité so­ciale (Tass) de Bourg-en-Bresse (Ain) a reconnu coupable, hier, la société Eurovia de "faute inexcusable" après la mort, en juillet 2008, d'un de ses ouvriers spécia­lisé dans l'épandage du bitume. Francisco Andrade-Serrano est décédé des suites d'un cancer de la peau à l'âge de 56 ans, rappelle La Tribune (page 22).

Dans son délibéré, le tribunal a estimé que le décès était lié à son exposition au bitume. "Résidu de la distillation de pé­trole, le bitume, chauffé à 160 degrés, voire 240 degrés pour être travaillé, dégage des fumées nocives pour les ouvriers exposés par inhalation ou par passage percutané", rapporte L'Humanité (page 8).

"Le bitume provoque des irritations des yeux, de la gorge, du nez, de la peau, un état de fatigue, des maux de tête, des atteintes du poumon, mais aussi des cancers puisqu'il contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérogènes", détaille l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

Même si pour le défenseur d'Eurovia, la maladie de Francisco Andrade-Serrano est imputable à l'exposition au soleil et non au bitume, le Tass a observé que "la conjonction de projections, voire d'inhalations, du bitume avec les ultraviolets favorisait soit le risque né des UV, soit le risque né du bitume".

Par la voix de son avocat, Eurovia a annoncé qu'elle faisait appel. De son côté, l'Union des syndicats de l'industrie routière française (Usirf) a fait part de sa "totale incompréhension" après cette décision de justice. Elle dénonce "les contre-vérités exprimées sur la santé et la sécurité des travailleurs de la route", rapportent Les Echos (page 11). Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 6), l'Usirf re­doute surtout que cette décision n'entraîne une avalanche de procédures judiciaires pour des cas similaires, comparable aux procès de l'amiante.
Frédéric Lavignette