« Sommet social » : les ministres montent au créneau

La semaine sera marquée par le "sommet social" entre les syndicats, le patronat et le gouvernement, mercredi à l'Elysée. La question du pouvoir d'achat sera au coeur de cette rencontre. "Le plaidoyer du chef de l'Etat, le 5 février, pour un partage des profits équitable entre les salariés, les actionnaires et l'investissement, a attisé les revendications syndicales", observent Les Echos (page 2). Leurs attentes sont d'autant plus importantes que l'Etat actionnaire dégage des bénéfices croissants (5,6 milliards d'euros de dividendes en 2008), souligne le quotidien économique. Cinq propositions de Nicolas Sarkozy seront débattues, selon Le Journal du dimanche (page 16), parmi lesquelles la suppression d'une tranche de l'impôt sur le revenu pour les "classes moyennes" et la création d'un Fonds d'investissement social de 5 à 10 milliards d'euros, réclamé par la CFDT, pour former les salariés au chômage ou sans qualification. Mais, les récentes annonces du chef de l'Etat ont été accueillies avec scepticisme par les syndicats. Dès hier soir, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Eric Woerth, ministre du Budget, a tenu à cadrer les choses. Il a appelé "les syndicats un peu solennellement à comprendre les contraintes qui pèsent sur notre pays" (Le Figaro-économie page 18). Pour le ministre, la France est prise dans "un étau : crise mondiale d'un côté et pression sociale de l'autre".

Autre membre du gouvernement qui monte au créneau dans la presse ce matin, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, souligne, lui, l'intérêt de certaines propositions syndicales, dans une longue interview à La Tribune (page 3). Il affirme qu'en retour, le gouvernement soumettra aux syndicats "des mesures très concrètes, opérationnelles, parmi les pistes évoquées par le président de la République autour du chômage partiel, de l'aide aux victimes de la crise ou des mesures vers les classes moyennes, comme le chèque emploi-service universel préfinancé".

"Il faut un système sur mesure pour les jeunes, avec formation et revenus assurés, et probabilité d'embauche dans le cadre du plan de relance", affirme Martin Hirsch, haut-commissaire à la Jeunesse dans un entretien à Libération (page 3). "L'idée, c'est de faire le pont entre les milliards débloqués et la concrétisation en emplois", affirme-t-il. Enfin, la famille occupera une large part des débats, selon Le Figaro-économie (page 18). Parmi les pistes évoquées : une réduction de la durée du congé parental et une refonte du financement des caisses d'allocations familiales (Les Echos, page 3).

L'hôpital en danger ?
La réforme hospitalière, actuellement en débat à l'Assemblée nationale, continue à susciter des critiques, notamment sur sa "philosophie entrepreneuriale et ses conséquences sur l'organisation territoriale", observe Le Monde (pages 20 et 21) daté de samedi, qui donne la parole à plusieurs acteurs du système de santé dans sa rubrique Horizons/Débats. Martin Winckler, médecin généraliste et écrivain, juge avec sévérité "la caste hospitalo-universitaire", qui ne tient pas "à ce qu'on remette en cause son pouvoir et ses privilèges". Pour lui, "les silences du projet de loi reflètent le poids des hospitalo-universitaires, qui siègent à l'Assemblée, ont leurs entrées au ministère, reçoivent les ministres et leurs familles dans leur cabinet ou leur clinique et leur suggèrent ce qui est pensable et dicible et ce qui ne l'est pas". Jean-Pierre Balligand, député de l'Aisne, et Martin Malvy, ancien ministre et président du conseil régional Midi-Pyrénées, signent une tribune en faveur du maintien des petits établissements hospitaliers. "Les petits hôpitaux ne coûtent pas plus cher et ne sont pas plus dangereux que les plus gros. Ce qui coûte cher, c'est l'absence de complémentarité entre petites et grosses structures, ou encore le fait de traiter des pathologies bénignes au sein d'un CHU ou d'un CHR, alors qu'elles pourraient à moindre coût être traitées dans des structures plus petites", estiment les deux élus. Enfin, Christophe Trivalle, praticien à l'hôpital Paul-Brousse (AP-HP), dénonce les dangers de la tarification à l'activité. Selon lui, "on en arrive à sélectionner les activités rentables et à trier les malades. Le système ne fonctionne plus sur des critères médicaux, mais sur des critères économiques".

John Sutton