croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Solvabilité 2 : France et Pays-Bas font cause commune

La France et les Pays-Bas auront-ils suffisamment de poids pour infléchir les décisions de la Commission européenne au sujet de Solvabilité 2 ? Forts de leur importance sur le marché européen de l'assurance santé (ils représentent à tous les deux plus de la moitié de ce marché), les deux pays tentent de convaincre Bruxelles de "revoir à la baisse les calibrages prévus pour le module santé de la forme standard de cette directive", annoncent Les Echos (page 28).

Crise oblige, le Comité européen des superviseurs d'assurance (Ceiops) avait en effet opté cet été pour "un serrage de boulons généralisé sur tous les risques modélisés dans la formule de calcul de l'exigence cible de capital (SCR) des assureurs". En matière d'assurance santé, les conséquences d'une telle décision se traduisent par une forte augmentation de l'exigence en capital. Cet automne, la Mutualité avait calculé que le surcoût en capital pour les mutuelles atteindrait 2,7 milliards d'euros, soit un quasi-doublement.

En l'état, explique le quotidien économique, cette "formule standard" n'intègre pas les spécificités des marchés français et néerlandais.

"Les deux pays plaident donc pour que la diversité des situations européennes soit prise en compte, plutôt que de caler la formule du risque maximal, sans vérifier si cela correspond à une quelconque réalité", souligne le journal à l'appui d'une étude diligentée par la Mutualité Française et le Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip). D'autant que, comme le fait valoir le directeur général de la FNMF, Jean-Martin Cohen Solal, les mutuelles ont "parfaitement résisté à la crise, sans dégradation de leurs fonds propres". Face à de telles exigences, "faute d'actionnaires auprès de qui lever du capital, le seul levier (pour les mutuelles et les institutions de prévoyance) serait d'augmenter les cotisations", indiquent Les Echos. "Sous prétexte de défendre l'adhérent, on le pénalise de manière indue, assure Jean-Martin Cohen Solal. Cela va provoquer le résultat inverse de celui recherché, avec un risque d'exclusion des soins.

Les inquiétudes des généralistes
Ce week-end se tenait à Lille le congrès de MG-France, le premier syndicat des médecins généralistes, occasion pour la profession d'exprimer ses préoccupations. "Le contexte est, en tout cas très compliqué, rapporte Libération (pages 12 et 13). Un grand nombre de jeunes diplômés de médecine ne veulent plus s'installer, cherchant d'autres formes d'exercice." Selon le président du syndicat, le Dr Claude Leicher, "sur 100 médecins formés, moins de 10 % vont s'installer en libéral".

De plus, les dix années à venir menacent d'être problématiques en matière de démographie médicale. Selon les chiffres du ministère de la Santé, si on compte actuellement 203.000 médecins en France, ce nombre devrait chuter de 10% en 2025, en raison des départs à la retraite. Ce qui fait "craindre le développement de véritables déserts médicaux en France, non seulement dans des régions peu peuplées mais aussi dans les banlieues des grandes villes". La densité médicale devrait alors s'établir à 283 médecins pour 100.000 habitants.
Frédéric Lavignette