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Sévérité accrue pour les arrêts maladie abusifs

Dès la deuxième quinzaine de mars, annonce Le Figaro (page 18), une nouvelle expérimentation sera lancée dans une dizaine de caisses de la "Sécu" afin de lutter contre les arrêts maladie abusifs. Selon le quotidien, les contrôles médicaux commandés par les employeurs déboucheront systématiquement sur une suspension des indemnités journalières lorsqu’ils mettront à jour des abus.

Mise en place en 1978, rappelle Le Figaro, la contre-visite médicale est demandée et payée par l’employeur. D’ordinaire, lorsque le médecin constate que le salarié est apte à reprendre le travail, seule la part complémentaire versée par l’entreprise à son salarié est suspendue. "Il est rare que soient également suspendues les indemnités journalières elles-mêmes, payées par l’assurance maladie, et qui représentent en règle générale 50% du salaire. (...) Cette tolérance va donc disparaître."

Si l’employé conteste cette décision, il aura la possibilité de faire "appel" de cette sanction en saisissant le service du contrôle médical de sa caisse. Cette expérimentation, prévue dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, va ainsi concerner, pour le régime général, les caisses d’Amiens, d’Avignon, de Vannes, d’Evreux, de Reims, de Nîmes et de Carcassonne. Celles de la Gironde, de l’Armorique (Finistère et Côtes-d’Armor) et de l’Ile-de-France (Paris et Val-de-Marne) le sont également au titre de la Mutualité agricole. L’expérimentation devrait durer jusqu’en 2009 et selon son efficacité, elle pourrait être étendue à l’ensemble du territoire dès 2010.

Addictions : les hommes en tête
L’homme est premier en tout : c’est la triste conclusion que l’on pourrait presque tirer à la lecture de la dernière étude publiée par l’Insee sur les différences hommes-femmes. Ce document a été rendu public hier sous le titre "Femmes et hommes, regards sur la parité". Il fournit de nombreuses statistiques sur les inégalités entre les sexes, que ce soit dans le secteur professionnel, au niveau scolaire ou encore pour les addictions.

Ces informations qui n’avaient pas été réactualisées depuis quatre ans nous permettent d’obtenir "un éclairage particulier et riche d’enseignement [sur] la consommation des substances psychoactives, alcool, tabac, cannabis, psychotropes", rapporte La Croix (page 6). Pour cela, l’Insee s’est appuyé sur le baromètre santé 2005 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

"L’usage régulier de substances psychoactives est davantage un comportement masculin", avertit l’Insee. En effet, 28,6% des hommes âgés entre 18 et 64 ans déclarent au moins trois consommations d’alcool dans la semaine. Les femmes ne sont que 9,7% à faire cet aveu.

En ce qui concerne le cannabis, les proportions sont semblables : 4,2% des hommes disent en avoir fumé dix fois dans le mois, contre 1,2% de femmes. En revanche, la différence se réduit pour l’usage du tabac. On compte 33,5% d’hommes parmi les fumeurs quotidiens contre 25,6% de femmes. La disparité s’inverse nettement pour ce qui relève de "la consommation de médicaments psychotropes", indique l’Insee. Elles sont 24% à déclarer en avoir utilisé dans l’année contre 14% des hommes.

Des nuances doivent toutefois être apportées face à ces comportements décrits dans leur généralité. En effet, la prise en compte de la classe sociale apporte un éclairage supplémentaire mettant en évidence un "chassé-croisé intéressant" entre hommes et femmes, note La Croix. "Chez les hommes, plus on monte dans l’échelle sociale, moins on consomme de substances psychoactives." De même pour le tabac dont la consommation est, par exemple, moins élevée de 30% chez les cadres que chez les ouvriers. Idem pour l’alcool, "plus rare chez les plus instruits", souligne l’Insee.

Chez les femmes, c’est l’inverse : plus on s’élève socialement, plus on consomme de ces produits. Ainsi les dirigeantes d’entreprises boivent davantage que les ouvrières, fument plus de cannabis, etc. Cependant, constatent La Tribune (page 27) et Les Echos (page 4), les femmes restent "sous-représentées" aux postes à responsabilités (1 poste d’encadrement sur 4), et bien moins payées que les hommes pour une fonction équivalente…

Frédéric Lavignette