Série de mesures d’urgence pour l’hôpital

Depuis un mois, les divers accidents mortels qui ont mis en cause l'hôpital sont à l'origine d'une série de mesures que vient de dévoiler la ministre de la Santé. Les décès de deux enfants liés à une erreur dans l'administration de médicaments, ainsi que celui d'un patient de Massy (Essonne) ont permis de tirer "un certain nombre d'enseignements", explique Le Figaro (page 11). Roselyne Bachelot souhaite donc "corriger le tir à l'hôpital", observe La Tribune (page 5). Pour cela, quatre mesures sont préconisées rapporte le quotidien.

Aujourd'hui, souligne la ministre, les régulateurs de l'urgence médicale et les agences régionales de l'hospitalisation sont "dans l'incapacité matérielle d'avoir une vision complète, fiable et actualisée de l'offre de soins sur le territoire de la santé". D'où l'idée de moderniser cette régulation en confiant l'organisation des soins aux directeurs des futures agences régionales de santé (ARS).

Pour améliorer la prise en charge des urgences médicales, Roselyne Bachelot envisage également de "désengorger les centres 15", note Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Dans Le Figaro, la ministre constate que "la diminution de l'activité de médecine de ville observée pendant les périodes de congé entraîne une augmentation du recours aux services d'urgence. Les patients ne sont peut-être pas suffisamment informés des possibilités à leur disposition et le 15 est engorgé par des appels qui ne concernent pas de véritables urgences". En conséquence, le gouvernement va débloquer 10 millions d'euros sur deux ans pour généraliser une plate-forme Internet et téléphonique "à l'image du dispositif actuellement développé en Gironde", annoncent Les Echos (page 2).

Le circuit du médicament dans les établissements de soins sera par ailleurs sécurisé. La mort du petit Ilyès, décédé à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Paris), à la suite d'une erreur de perfusion est à l'origine de cette initiative. "Je vais missionner un groupe d'experts afin d'auditer les défaillances du circuit du médicament et proposer un référentiel opposable et réaliste, incluant toutes les contraintes de sécurité, de fiabilité, de traçabilité que l'on est en droit d'exiger", annonce Roselyne Bachelot dans Le Figaro. Enfin, conclut La Tribune, "les médecins libéraux devront faire des propositions pour que soit pleinement assumée la continuité des soins".

Vers une réforme de la retraite complémentaire
Les deux régimes de retraite complémentaire du secteur privé, l'Arrco et l'Agirc, sont sur la voie de la réforme. Syndicats et patronat entament à partir d'aujourd'hui deux mois de négociations "ardues" pour fixer de nouvelles règles, annonce Le Figaro (page 20).

Comme l'expliquent Les Echos (page 4), le régime de retraite des salariés (Arrco) et celui des cadres (Agirc) sont encore à l'équilibre financier, "contrairement au régime de base". Mais cela ne va pas durer, d'où la nécessité de cette réforme qui va concerner près de 30 millions de personnes. Sans surprise, les positions du Medef et celles des syndicats divergent. Le Medef "veut jouer sur l'âge du départ", tandis que les syndicats "veulent stopper la chute des rendements".

En fait, détaille La Tribune (page 5), "la première divergence concerne l'architecture même des régimes. Alors que seules les retraites complémentaires sont aujourd'hui fondées sur l'acquisition de points, donnant droit ensuite au versement d'une pension, le Medef veut rebâtir tout le système de base". Le patronat souhaite que le calcul de la pension ne se fasse plus sur les 25 meilleures années, mais plutôt sur toute la carrière. D'où une économie certaine et la quasi-obligation pour le salarié de prolonger son activité pour s'y retrouver...

Frédéric Lavignette