Sécu : ouvrir le débat du financement

En l'absence de mesures, le déficit du régime général de la Sé­curité sociale atteindrait 15,5 milliards en 2012, selon les prévisions de la Commission des comptes de la Sécu (CCSS) présentées hier. Pour réduire ce "trou" à 14,7 milliards, des mesures de redressement ont été annoncées hier par le gouvernement, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). Ainsi, précise Le Figaro (page 21), 1,5 milliard d'euros de recettes nouvelles seront affectées à la Sécu. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a indiqué que les "revenus du capital" seront mis à contribution, par exemple via la taxation accrue des stock-options. Autre mesure : le relèvement de 8 à 20% du forfait social.

Le gouvernement estime que "les nouveaux prélèvements […] permettront de rétablir la situation, au moins en partie", rapportent Les Echos (page 5). "Mais à quel prix !", s'exclame le quotidien économique… "En année pleine, observent Les Echos, les nouveaux prélèvements décidés par le gouvernement Ayrault représentent quelque 5 milliards d'euros. Un chiffre qui s'ajoute à près de 6 milliards de recettes supplémentaires pour la Sécurité sociale instaurées l'an dernier par le gouvernement Fillon." Malgré cela, le déficit se comble légèrement mais demeure toujours aussi béant. "C'est pourquoi la gauche ne pourra pas faire l'économie d'un débat de fond sur le financement de la protection sociale", conclut le journal.

Le financement de la protection sociale sera d'ailleurs l'un des thèmes de la Conférence sociale qui s'ouvre lundi. Faudra-t-il augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) ? Pour le gouvernement, cette question n'est pas à l'ordre du jour. De son côté, Le Figaro (page 19) croit savoir qu'une telle "hypothèse" est à l'étude. Il faut dire qu'avec 1% d'augmentation de la CSG, l'Etat récupère 10 milliards. Et si les syndicats sont favorables à cette hausse, expliquent Les Echos, c'est "d'abord pour renflouer les caisses", au nom de la solidarité nationale.

Des nouveaux médicaments moins innovants
Chargée de entre autres d'évaluer les actes et les produits de santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) a examiné, en 2011, "231 dossiers d'inscription ou d'extension d'indication pour les médicaments". Et sur cet ensemble, rapportent Les Echos (page 5), la HAS a estimé que l'amélioration du service médical rendu (SMR) était nulle pour 209 d'entre eux. En d'autres termes, la commercialisation de ces médicaments n'apporterait aucun progrès thérapeutique par rapport aux molécules.

Une seule molécule induit un progrès "majeur", indique le journal : l'antihémorragique Riastap®. Pour deux autres, l'amélioration est "modeste" et pour une vingtaine seulement "mineure". D'après le président de la HAS, Jean-Luc Harousseau, il existe depuis plusieurs années une panne de la productivité de la recherche médicamenteuse.

Le syndicat de l'industrie pharmaceutique, Leem, explique que le scandale du Mediator® n'est pas étranger aux refus de commercialisation de la HAS. Certains laboratoires considèrent que, depuis cette affaire, cet organisme manifeste une "suspicion constante".

Faute de découvrir de réelles innovations, la HAS retoque donc les candidats, au grand regret des laboratoires et de l'assurance maladie. En effet, explique le quotidien économique, "l'innovation est le critère principal que l'Etat retient pour fixer les prix des médicaments. Un produit qui ne présente pas du tout d'amélioration thérapeutique est certain d'obtenir un prix bas".
Frédéric Lavignette