Sécu : 17,4 milliards de déficit en 2011

Le chiffre avait été dévoilé en avril par le précédent gouvernement. Hier, la Commission des comptes de la Sécurité sociale l'a officiellement confirmé : le déficit du régime général s'élève à 17,4 milliards d'euros pour 2011.

Comme le commente Le Figaro (page 27), ce déficit traduit "une amélioration de 6,5 milliards par rapport à l'année précédente, et de 3,5 milliards par rapport au budget voté par le Parlement". Il n'est reste pas moins que ce "trou" est le troisième plus profond de toute l'histoire de la Sécurité so­ciale…

L'amélioration des comptes s'explique "par une progression plus rapide des recettes (+ 5,3%) que les dépenses (+ 2,8%)", avancent Les Echos (page 5). Comme cela a été le cas avec l'élargissement de la CSG sur les placements, les plans de rigueur du gouvernement de François Fillon ont permis de dégager de nouvelles ressources. Certaines dépenses ont également connu une progression douce.

L'an dernier, les dépenses maladie ont augmenté de 2,9%, rapporte Le Figaro, ce qui "reste très bas", mais laissent tout de même le déficit de cette branche à 8,6 milliards d'euros. La faible virulence de la grippe hivernale est l'une des causes de cette moindre progression. Ce n'est pas tout : la mise en ré­serve de 425 millions d'euros de crédit aux hôpitaux a également fortement limité la dérive des comptes de la branche maladie. Au final, observe le quotidien, "compte tenu d'un point de départ plus bas que prévu", l'enve­loppe de 157 milliards a été respectée.

Côté vieillesse, la réforme des retraites d'Eric Woerth avec son report de l'âge légal à 60 ans et 4 mois semble avoir eu des effets sur les comptes depuis le début de son entrée en vigueur, le 1er juillet. Le solde de cette branche s'améliore en effet de 2,9 milliards pour atteindre un déficit de 6 milliards d'euros.

A ce solde, complètent Les Echos, "il faut ajouter celui du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui prend en charge les cotisations retraite des chômeurs et le minimum vieillesse". Grâce à de nouvelles taxes, les comptes se sont améliorés de 500 millions.

Les défis de la majorité
Les élections législatives étant passées, "les choses sérieuses commencent" pour le gouvernement, estime La Croix (page 3). La première urgence de l'exécutif, indique le quotidien, "sera de retoucher le budget 2012 et de préparer le budget 2013 en respectant à la fois les promesses de campagne de François Hollande et les engagements de la France sur une réduction du déficit à 3% du PIB".

Le plan de redressement des comptes sera présenté en détail le 4 juillet en Conseil des ministres, signale Le Figaro (page 29). Un projet de loi de finances rectificatives pour 2012 "devrait faire la part belle à la fiscalité", croit savoir le journal. L'ISF, les droits de succession et les impôts pour les entreprises seront certainement les premières cibles du ministère du Budget pour "résoudre le casse-tête budgétaire".

L'objectif, explique Libération (pages 2 à 5), est "de trouver au moins dix milliards de recettes nouvelles pour tenir les 4,5% de déficit public à la fin 2012, comme promis à Bruxelles". Reste que les prévisions de croissance sont plutôt à la baisse, ce qui laisse penser que des efforts supplémentaires seront nécessaires.

Côté dépenses, poursuit La Croix, le chef de l'Etat "a prévu de stabiliser leur augmentation à 1% par an, alors qu'elles croissent naturellement de près du double". Des mesures nouvelles d'économies sont donc à attendre, mais, pour le moment, le gouvernement reste dans le flou. Le rapport que doit rendre le 2 juillet la Cour des comptes sur les finances publiques livrera certainement quelques "idées d'économies structurelles" en ce sens, prévient Le Figaro. Elles pourraient être intégrées au projet de loi de finances pour 2013 qui sera présenté en septembre.

Dans l'agenda gouvernemental figurent également deux autres moments essentiels, complète Le Figaro. Ainsi, le 26 juin, le gouvernement annoncera sa position concernant la revalorisation du Smic. Pour ne pas peser sur le coût du travail des entreprises et l'emploi non qualifié, cette hausse devrait être "limitée" a prévenu le ministre du Travail, Michel Sapin. Enfin, les 9 et 10 juillet, doit se tenir la grande conférence sociale qui dévoilera le calendrier des réformes sociales.
Frédéric Lavignette