Secteur optionnel : un arrêté « dans les jours qui viennent »

Samedi, sur France 5, le ministre de la Santé, a demandé à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et à l’Ordre des médecins d’intervenir pour "mettre un terme" aux dépassements d’honoraires, en particulier dans les hôpitaux publics.

Pour cela, rapporte Le Figaro-économie (page 21), Xavier Bertrand leur a demandé de "se parler" pour en freiner les débordements "excessifs". Il a rappelé que des outils prévus par la loi étaient à leur disposition et qu’il fallait les utiliser, comme par exemple les commissions départementales entre l’Ordre et les caisses primaires d’assurance maladie, écrivent Les Echos (page 4).

Cette réaction du ministre fait suite aux récentes révélations de 60 millions de consommateurs, rappelle La Croix (page 9). Selon l’enquête publiée par le mensuel, certains praticiens de l’hôpital public pratiqueraient des tarifs excédant jusqu’à dix fois le tarif de la Sécurité sociale. Par exemple, détaille Le Figaro, il arrive que des prothèses de hanche soient facturées jusqu’à 4 500 euros par des médecins du secteur 2.

En 2010, indique également le quotidien, le montant total des dépassements d’honoraires pratiqués en ville ou à l’hôpital par les médecins a atteint 2,5 milliards d’euros. Afin de prendre en charge "une partie des dépassements", rapporte Le Figaro, le ministre a annoncé que son projet de secteur optionnel ferait l’objet d’un arrêté "dans les jours qui viennent". Selon les explications du ministre, les médecins en secteur 2 qui accepteront de se modérer pourraient "voir leurs dépassements couverts entre l’Etat et les mutuelles".

Génériques : les réserves de l’Académie de médecine
Entre les médicaments génériques et leur version de référence, tout n’est pas strictement comparable. Les génériques ne sont donc pas les copies conformes de leur princeps. C’est ce qui ressort d’un rapport "très circonspect" de l’Académie de médecine que dévoile Le Figaro de samedi 25 février (page 13).

Sans pour autant en rejeter leur prescription et leur influence sur les dépenses de santé, les rapporteurs estiment que certaines règles doivent être suivies dans la délivrance de ces médicaments. "Dans le contexte général actuel de méfiance autour du médicament, nous devons être vigilants", déclare l’auteur du rapport, le Pr Charles-Joël Menkès. Pour lui, en effet "il est important de reconnaître les problèmes qui peuvent être liés aux génériques".

Les problèmes, poursuit Le Parisien/Aujourd’hui (page 9), sont que les médicaments génériques peuvent être fabriqués avec des excipients différents et sous des formes différentes. Alors que les premiers donnent un goût, une couleur et une consistance au médicament, les seconds le présentent sous forme de comprimés, de gélule, de poudre ou de sirops.

"Les excipients ne sont pas neutres, ajoute Charles-Joël Menkès. Certains peuvent être allergisants comme l’arachide. De même, le goût d’un produit, tout comme le conditionnement, peut avoir une influence sur la bonne observance d’un traitement, notamment chez les enfants et les personnes âgées."

La bioéquivalence des génériques doit cependant être prouvée, indique Le Figaro. Elle garantit notamment que le devenir de la molécule active dans l’organisme (absorption, distribution, métabolisme et élimination) est superposable au médicament de référence. Malgré cela, souligne le rapport, "la bioéquivalence entre le princeps et le générique ne signifie pas qu’il y a automatiquement une équivalence thérapeutique, en particulier lors de la substitution d’un générique par un autre".

Les génériques de certains antibiotiques, antiépileptiques, anticoagulants, hypoglycémiants, ou encore certains médicaments cardiologiques peuvent être des sources d’inquiétudes, note le rapport, qui reconnaît que la substitution pose essentiellement problème pour les médicaments "à marge thérapeutique étroite". Dans ce cas, l’Académie recommande le nécessaire maintien et respect de la mention "non-substituable" (NS).

Cette observation de l’Académie vis-à-vis des génériques intervient à un moment où, pour la première fois, les ventes de ces médicaments ont diminué de 3% en 2011, avec 614 millions de boîtes vendues contre, 630 millions en 2010.

Frédéric Lavignette