Secteur optionnel : les conditions de la réussite

"Pour la première fois en trente ans, on propose une alternative au secteur 2, une solution pour augmenter l'offre de soins à tarif opposable ou avec des dépassements maîtrisés", explique le président de l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam), dans un entretien au Figaro-économie de samedi (page 22).

Jean-Michel Laxalt commentait ainsi l'accord sur le secteur optionnel signé jeudi soir entre l'assurance maladie obligatoire, l'Unocam et deux syndicats médicaux (CSMF et SML). Ce secteur devra favoriser l'accès aux soins dans trois spécialités où les dépassements d'honoraires sont largement pratiqués : la chirurgie, l'anesthésie et l'obstétrique.

Toutefois, prévient Jean-Marie Laxalt, "la création réelle du secteur optionnel sera encore longue et ne dépend pas que des signataires : les cliniques, l'Etat doivent s'impliquer. Ensuite, son succès dépendra de l'engagement individuel des médecins : à leurs syndicats de leur montrer tout l'intérêt du dispositif". De son côté, Jean-Francis Pécresse analyse dans Les Echos (page 14) les "limites de cet accord".

Quelle sera l'implication des complémentaires ? Rappelant que les représentants des trois grandes familles des complémentaires l'accompagnaient dans cette négociation, le président de l'Unocam se déclare convaincu : "De très nombreux contrats proposeront le remboursement des dépassements plafonnés que les médecins en secteur optionnel pourront appliquer."

Dans un entretien publié dans La Tribune de samedi (page 4), le député Yves Bur (UMP, Bas-Rhin), rapporteur du PLFSS 2010, réagit également à cet accord. "Il faut désormais éviter à tout prix la création d'un secteur tarifaire dit “optionnel“, qui autoriserait des dépassements limités sans vider le secteur 2 des médecins à honoraires libres."

Ce parlementaire souhaite "imposer aux praticiens en honoraires libres de réaliser 30 % de leur activité au tarif opposable". En contrepartie, "une petite part de leurs cotisations sociales pourrait être prise en charge par l'assurance maladie".

"Biture express" à la française
"Les jeunes Français ne boivent pas de la même manière que les Anglais. Ils consomment beaucoup, mais de manière plus étalée", explique, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), Marie Choquet, épidémiologiste et directrice de recherche à l'Inserm. Selon cette spécialiste, 5 % des 16-25 ans s'adonnent au "binge drinking" ("biture express"). Une étude de l'Inserm sur ce phénomène sera présentée aujourd'hui lors d'un colloque sur les dépendances des adolescents, organisé par l'association l'Ecole des parents (www.filsantejeunes.com).

S'ils ne pratiquent pas systématiquement la "défonce dans l'alcool", les jeunes cherchent l'ivresse. Mais s'agit-il d'une dépendance ou d'un rituel ? "A l'évidence, les adolescents ont envie d'expériences fortes autour de l'alcool, produit omniprésent dans notre pays", constate Marie Choquet dans Libération (page 24). Une fois qu'on a pris goût à l'alcool, en est-on prisonnier ? En 2007, 13 % des jeunes de 16 ans déclaraient en consommer régulièrement (au moins dix fois par mois). Un chiffre qui a quasiment doublé en quatre ans et qui est deux fois plus élevé chez les garçons que chez les filles, souligne Libération. Pourquoi les jeunes ont-ils besoin de cette soupape qu'est l'alcool ? Pour Marie Choquet, le contexte familial est déterminant et "la pression scolaire est trop forte".

John Sutton