Second tour de la présidentielle : rien n’est encore joué

Comme attendu, les deux candidats qui s'affronteront lors du second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai prochain, seront François Hollande et Nicolas Sarkozy. Le représentant socialiste arrive en tête du scrutin avec 28,63% des voix, face au président sortant et candidat de l'UMP, qui le suit à 27,08%.

Un "duel attendu", titre Le Pari­sien/Aujourd'hui (pages 2 à 14), qui pourtant s'accompagne d'"une surprise". A la troisième position se place en effet Marine Le Pen avec 18,01% des suffrages. Alors que tous les pronostics faisaient du leader du Front de gauche le "troisième homme", Jean-Luc Mélenchon se re­trouve finalement en quatrième place avec 11,13%, suivi par François Bayrou qui s'"effondre à la cinquième place" avec 9,11% des voix, écrivent Les Echos (pages 2 à 7).

Pour leur part, les cinq autres candidats en compétition ne dépassent pas les 5%. La représentante d'Europe écologie-Les Verts (EELV), Eva Joly, fait un score de 2,28%, suivie de Nicolas Dupont-Aignan, qui atteint 1,80% pour Debout la République. Candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Philippe Poutou atteint 1,15% des voix et Nathalie Artaud, autre candidate trotskiste pour Lutte ouvrière (LO), réalise 0,57% des suffrages. Jacques Cheminade réalise 0,25%.

Avec ce face-à-face programmé, estiment Les Echos, Nicolas Sarkozy se trouve face à une "équation difficile" à résoudre. Avec son retard de 1,55 point "il ne dispose, sur le papier, que de faibles réserves de vote". Aussi, analyse le quotidien économique, n'a-t-il d'autre choix que de chercher des électeurs sur sa droite, "du côté de Marine Le Pen".

Alors que l'UMP se prépare à "entamer une campagne effrénée", annonce Le Figaro, la candidate du Front national revendique, elle, son nouveau statut de "chef de fille de l'opposition", rap­porte Le Parisien/Aujourd'hui. Car son objectif est bel et bien de "recomposer un grand mouvement de droite nationale". Comme l'observe Libération (pages 2 à 17), elle compte profiter de cette situation "pour provoquer et accélérer l'éclatement de la droite".

Même si François Hollande est en "pole position", "le match sera serré", prévient Le Parisien/Aujourd'hui. Avec l'hypothétique report des voix du second tour, écrit le journal, le total des gauches n'atteint "que" 43,6%, tandis qu'à droite près de 50% d'intentions de vote peuvent être réunies, si on y ajoute l'extrême droite.

Pour être sûr de rassembler, explique le socialiste Arnaud Montebourg, François Hollande doit donc "continuer à développer ses orientations politiques : reconstruire le service public, réindustrialiser le pays, contrôler la finance au lieu de nous soumettre à ses intérêts, et réorienter l'Europe".

Frédéric Lavignette