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Scandale des prothèses PIP : ouverture du procès à Marseille

C'est aujourd'hui que s'ouvre, à Marseille, le procès contre cinq dirigeants de la société Poly Implant Prothèse (PIP) pour tromperie aggravée et escroquerie sur des implants mammaires. Pendant quinze jours, prévient Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), le tribunal confrontera surtout le président de PIP, Jean-Claude Mas, aux centaines de femmes victimes de la défectuosité des prothèses qu'il fabriquait avec un gel contenant des huiles industrielles au silicone. Plusieurs d'entre elles, implantées suite à un cancer du sein, témoignent aujourd'hui dans Libération (pages 12 à 14) des dégâts causés par ces prothèses.

Le "gel industriel utilisé à la place d'un gel médical fut à l'origine d'un taux de rupture anormalement élevé d'implants, ces ruptures occasionnant des réactions inflammatoires", écrit Le Figaro page 10). En utilisant ce gel de fabrication maison, relève L'Humanité (page 9), la société PIP a largement augmenté ses bénéfices et exposé des centaines de femmes à des risques sanitaires.

Actuellement, sur recommandation de l'Etat, 15.000 femmes ont dû se faire réopérer, "soit parce que leurs prothèses avaient rompu (4.100 cas notifiés), soit à titre préventif", précise Le Parisien/Au­jourd'hui. Cependant, nuance Le Figaro (page 10), "les autorités n'ont pas constaté de surrisque de cancer du sein ni de lymphome"
"Sur les 300.000 femmes qui se sont fait poser ces implants, poursuit le quotidien, 30 000 sont françaises." Des chiffres considérables qui soulignent la durée et l'étendue de l'escroquerie. Pendant 10 ans, la société établie dans le Var a "organisé un incroyable mensonge industriel […] au nez et à la barbe de son certificateur et des autorités sanitaires". Lors des visites réalisées par son certificateur allemand, la direction de l'entreprise demandait à ses employés de dissimuler toutes les traces de fraudes. "A chaque fois, explique un employé dans Libération (page 14), il fallait planquer les fûts et lancer une production de lot conforme." Afin d'éviter la découverte de la fraude, un entrepôt a même été loué à l'écart pour stocker les fûts de gel illicite.

L'enjeu de ce procès, note Le Figaro, est "l'indemnisation des victimes". Or, comme les prévenus de Marseille sont insolvables, ces dernières comptent se retourner "vers les fonds publics d'indemnisation (Sarvi et Civi), plafonnés à 4 179 euros". Les victimes cherchent donc d'autres responsabilités par exemple celles du certificateur ou encore des fournisseurs de PIP en silicone voire de l'Agence nationale de sécurité des produits de santé (ANSM).

Pas d'alerte sur les dépenses d'assurance maladie
Le comité d'alerte sur l'évolution des dépenses d'assurance maladie s'est montré, hier, assez rassurant : les dépenses de santé pour 2013 devraient être "significativement en deçà" de l'objectif fixé dans la loi de financement de la Sécurité sociale à 175,4 milliards d'euros (2,7 % de plus qu'en 2012).

Selon le comité d'alerte, que citent Les Echos (page 2), le début d'année 2013 marque toutefois "une accélération qui peut être imputée en grande partie à l'épidémie de grippe" qui a été "particulièrement longue", donc coûteuse : plus de 200 millions d'euros.

Cette estimation de l'évolution des dépenses n'est encore que provisoire et, au mois de mai, les estimations seront plus précises. "Si cette prévision se confirmait, observe le quotidien économique, il s'agirait de la quatrième année de suite où les dépenses sont inférieures à l'objectif fixé par le Parlement." Cette tendance incite d'ailleurs certains représentants du gouvernement à défendre "l'idée de réduire encore le rythme de progression au cours des prochaines années". Mais pour l'heure, les prévisions des dépenses d'assurance maladie tablent sur une hausse du même ordre : +2,6% en 2014 et de +2,5% les années suivantes.

L'optimisme du comité d'alerte a été quelque peu terni par l'avis rendu également hier par le Haut Conseil des finances publiques. Même si la progression des dépenses d'assurance maladie marque le pas, d'autres prévisions économiques assombrissent en effet les estimations du gouvernement.

Contrairement à l'exécutif, ce comité ne croit pas à une croissance de 0,1% en 2013. Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), il estime au contraire que "le pays devrait tomber en récession dès 2013" avec un léger recul du PIB et une croissance sensiblement inférieure à 1,2% en 2014.

Frédéric Lavignette