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Sarkozy propose la carte Vitale anti-fraude

Le candidat président a proposé hier, s'il était réélu, de lancer une carte Vitale sécurisée pour lutter contre la fraude aux prestations sociales. "Nous allons transformer la carte Vitale comme nous avons transformé le passeport et la carte d'identité avec le système biométrique", a-t-il assuré sur RMC et BFM TV, propos repris dans Le Figaro-économie (page 19). "Il y a un problème de déficit, chacun doit faire un effort : étranger comme national", a expliqué Nicolas Sarkozy, notent Les Echos (page 3). "Le système de santé français est le meilleur du monde" et aussi "le plus onéreux du monde", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen, candidate du FN à la présidentielle, cite régulièrement le chiffre de "10 millions de cartes Vitale" en surnombre, indique Le Figaro-économie. Le quotidien précise que cette estimation figure bien dans un rapport de l'Igas de 2004, mais, que, depuis cette date, toute ancienne carte Vitale non rendue est inscrite sur une liste d'opposition et devient inutilisable.

Le projet de carte biométrique avait été débattu, en 2011, par la Mission d'évaluation des comptes de la Sécurité sociale (Mecss), qui l'avait écarté pour des raisons à la fois pratiques et financières.

"Pour que cela serve à quelque chose, il faudrait demander au médecin de vérifier l'identité du patient en contrôlant ses empreintes digitales. Il ne le fera jamais !", objecte le député socialiste Jean Mallot, coprésident de la Mecss (Les Echos). "La lutte contre la fraude relève de la police, voire de l'assurance maladie, qui dispose d'informations que nous n'avons pas", protestait le Dr Michel Combier, du syndicat des généralistes de la CSMF, l'an dernier devant les députés, rapporte Le Figaro-économie.

"L'ampleur de la fraude à la carte Vitale est très limitée", soulignent Les Echos. Elle "est moins importante quantitativement que les fraudes aux ressources ou aux actes, dans la mesure où notre système de protection sociale est très généreux : en bénéficient tout résident en situation régulière, mais aussi des étrangers en situation irrégulière", expliquait en 2011, Dominique Libault, ex-directeur de la Sécurité sociale. "Qui aurait intérêt à multiplier inutilement les visites chez le médecin ?", s'inter­roge Jean Mallot. "Les chiffres le montrent, la fraude à l'assurance maladie est en très grande majorité le fait de quelques professionnels de santé, qui, eux, y ont un intérêt financier", conclut Vincent Collen des Echos.

Malades : emprunter c'est toujours la galère
Un an après le lancement de la nouvelle convention Aeras, censée faciliter l'accès des malades au crédit, les associations dressent un bilan mitigé, selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). "La garantie spécifique couvrant le risque invalidité a été mise en place par tous les assureurs comme promis, fin 2011. Cela a permis d'augmenter le nombre de personnes malades ayant accès à l'emprunt", soutient la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). Mais la prise en compte des progrès de la médecine et la simplification des démarches administratives n'ont guère progressé. "Cela aurait pu aller plus vite", estime Karim Felissi, en charge du dossier Aeras pour la Fnath (accidentés de la vie). Il aura fallu dix mois pour créer la commission études et recherches, qui doit apporter des critères objectifs aux assureurs afin d'évaluer les risques médicaux et désigner son nouveau président.

Autre critique : "L'harmonisation des questionnaires médicaux entre les différentes compagnies d'assurances n'a pas encore abouti", regrette Marc Morel, directeur du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Jusqu'où les questions médicales doivent-elles remonter dans le temps ? Peut-on être forcé de déclarer une maladie toute sa vie, même en cas de guérison ? "Autant de questions délicates sur lesquelles les assureurs ne semblent pas prêts de faire des compromis", estime Le Parisien/Aujourd'hui.
John Sutton