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Sarkozy annonce 13 milliards d’économies sur l’assurance maladie

A dix-sept jours seulement du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a présenté hier son programme en 32 propositions, pour la plupart déjà évoquées. D'emblée, il a placé son projet sous "l'objectif impératif" de la réduction du déficit public. "Il y a un rendez-vous : moins de 3% en 2013, l'équilibre en 2016", a-t-il promis. Pas d'annonce nouvelle, si ce n'est la promesse que, dès juillet prochain, les re­traites seront versées au premier jour du mois et non plus le 8.

"Nicolas Sarkozy s'est posé hier en candidat du ”sérieux”, de la responsabilité, face à un François Hollande accusé de conduire la France à la faillite", commentent Les Echos (page 2). "Sarkozy, un programme mots pour maux", ironise Libération (pages 10 et 11), qui juge le projet "profondément conservateur".

L'assurance maladie devra économiser 13 milliards d'euros par an pour limiter la progression annuelle des dépenses à 2,5% jusqu'en 2016, notent Les Echos (page 2). La plus grosse contribution viendrait de l'industrie pharmaceutique, avec des baisses de prix (3 milliards d'euros) et de volumes (1,5 milliard). En outre, les patients qui refuseraient les génériques délivrés par leur pharmacien ne bénéficieraient plus du tiers payant. Economies attendues : 500 millions d'euros. Une mesure déjà en vigueur mais diversement appliquée, précise Le Figaro (page 4).

Le candidat-président demandera à l'hôpital de poursuivre ses efforts de "bonne gestion" en économisant 4,5 milliards d'euros. Il compte aussi récupérer 1 milliard d'euros en luttant contre la fraude sociale, notamment via la mise en place de la carte Vitale biométrique, et encore 1,5 milliard en réduisant le nombre d'arrêts de travail et les prescriptions de transports sanitaires, dé­taillent Les Echos (page 2).

Pour lutter contre les déserts médicaux, Nicolas Sarkozy promet par ailleurs de créer "750 maisons de santé supplémentaires", note Le Parisien/Aujourd'hui (page 3). Rigueur oblige, la réforme de la dépendance ne serait mise en œuvre qu'"à partir de 2013". Une enveloppe de 700 millions d'euros sur cinq ans, financerait notamment le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes (relèvement du plafond de l'Apa et autres aides), précise Le Parisien. Le candidat de l'UMP s'engage aussi à ré­duire "le reste à charge acquitté par les familles pour l'hébergement" dans un établissement spécialisé.

Pour améliorer les modes de garde des jeunes enfants, il créerait 200.000 places en crèche ou chez des assistantes maternelles. Une mesure qu'il évalue à 1 milliard d'euros, ce qui "correspond exactement au coût des 200.000 solutions de garde réalisées depuis 2007", rapportent Les Echos (page 4). Enfin, les parents auront la possibilité de fractionner leur congé parental jusqu'aux 18 ans de l'enfant. Coût de la mesure : 20 millions d'euros par an.

Les infirmières libérales mieux réparties
Les infirmières libérales s'installent plus facilement dans les régions sous-dotées, un phénomène récent lié aux aides incitatives dont elles bénéficient depuis 2009, selon l'assurance maladie, qui souhaite étendre ce principe aux médecins. "On constate une vraie inversion de ten­dance et l'amorce d'une redistribution", s'est félicité hier le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Frédéric van Roekeghem, cité dans Les Echos (page 6).

Ainsi, dans les zones très sous-dotées, le nombre d'infirmières a progressé de 33,5%, entre 2008 et 2011, précise Le Figaro-économie (page 23). "Ce résultat est d'autant plus satisfaisant si on le compare à l'évolution globale des effectifs d'infirmiers libéraux sur cette même période : + 15,3%", souligne la Cnam. A l'inverse, leurs effectifs ont diminué de 2,9% dans les zones sur-dotées.

Forte de cet accord avec les infirmières, l'assurance maladie a multiplié les conventions sur le même modèle avec d'autres professionnels libéraux : kinés en novembre 2011, sages-femmes en janvier dernier, orthophonistes en mars, rappellent Les Echos. Quid des médecins ? La convention signée l'été dernier prévoit bien des incitations financières à exercer dans les zones rurales ou les banlieues, où ils manquent. Mais aucune contrainte n'est prévue pour limiter leur installation en Paca, dans les régions Ile-de-France ou Rhône-Alpes. "Un lobbying efficace a permis [aux médecins] d'échapper à la moindre mise en cause de leur liberté d'installation", constate Le Figaro-économie (page 23).
John Sutton