Santé publique : la France dans la moyenne européenne

En matière de santé, la France est un pays "moyen". En effet, comparés aux autres européens, les Français ne sont "ni seuls au monde, ni les plus privilégiés", estime Roger Salomon, président du Haut Conseil à la santé publique.

Le HCSP, explique Le Monde (page 11), commente ainsi les résultats publiés dans le premier rapport comparatif sur l'état de santé et le système de soins de la France par rapport aux autres pays de l'Union européenne. Cette étude, publiée mercredi, est "basée sur les indicateurs de santé dit EHCI définis par la Commission pour établir une cohérence entre les données des différents pays". Pour le quotidien, ce rapport pourrait "constituer une véritable ordonnance en matière de santé publique pour le nouveau gouvernement".

Certes, la France compte un certain nombre de points positifs : son espé­rance de vie est en tête des pays européens et son taux de natalité arrive au 3e rang. Elle enregistre également le plus faible taux de mortalité par maladies cardio-vasculaires. En revanche, elle "se classe très défavorablement en termes d'incidence de cancers", pointe le rapport.

Rien d'étonnant, souligne Le Monde, car côté tabagisme par exemple, le pourcentage des fumeurs reste "à un niveau relatif assez élevé" depuis 2005. Contrairement aux autres pays européens, le nombre de fumeuses quotidiennes est même en hausse. Ce qui explique la plus grosse progression des cancers du poumon chez les femmes.

En matière d'alcool, la France, qui a été longtemps en tête du classement, se situe désormais au 4e rang des pays consommateurs, derrière l'Estonie, la République tchèque et l'Irlande. Tou­tefois, "le niveau de mortalité liée à l'alcool est légèrement supérieur à la moyenne européenne", souligne le journal.

A l'inverse de nombreux pays, la mortalité infantile augmente également en France. Désormais dégradé au 17e rang sur 27, l'Hexagone connaît un taux de décès infantile de 3,9 pour 1.000 naissances et le taux de mortalité périnatale est le plus élevé avec 13,9 morts fœtales et néonatales précoces pour 1.000 naissances.
Enfin, la mortalité moyenne par sui­cide est assez élevée puisque la France est au 7e rang pour les hommes et au 5e pour celui des femmes.

Pour les prochaines études européennes de ce type, le HCSP voudrait également mettre l'accent sur le "local", indique Le Monde, car les "résultats globaux ne doivent pas faire oublier les fortes disparités territoriales et sociales au sein des pays mêmes".

Mise en cause des cabines d'UV
Un décret pour durcir la réglementation des cabines de bronzage est en préparation. La ministre de la Santé a annoncé mercredi la publication prochaine d'un texte contre ces cabines qui, selon Marisol Touraine, "accroissent le risque de cancer cutané et les problèmes oculaires".

Les chiffres liés au cancer de la peau sont "préoccupants", note Le Monde (page 25). Chaque année, 80 000 cancers de ce type sont diagnostiqués, dont "10% sont des mélanomes cutanés, plus rares mais aussi plus graves, car ils présentent un fort risque de générer des métastases". Entre 1980 et 2005, ces derniers ont plus que triplé. En 2011, 9;780 nouveaux cas ont été détectés provoquant 1.620 décès.

Pour les spécialistes, la responsabilité des cabines UV dans le cancer de la peau semble incontestable. Au fil des générations, explique le quotidien, "le risque de présenter un mélanome avant 60 ans augmente progressivement". Cepen­dant, il progresse de 75% "lorsqu'on a été exposé aux UV artificiels avant 35 ans", prévient l'Institut national de veille sanitaire (InVS).

Avec le développement des cabines (il y en aurait entre 20.000 et 40.000 en France) et le taux élevé de leur fréquentation (8 millions de personnes ont pratiqué le bronzage au moins une fois dans leur vie), "entre 566 et 2 288 décès peuvent être attendus dans les trente prochaines années", estime un représentant de l'International Prevention Research Institute de Lyon. Soit autant que les décès liés au Mediator®, remarque le quotidien.
Frédéric Lavignette