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Santé : l’UMP contre une « réforme d’ampleur »

L’UMP tient aujourd’hui à l’As­semblée nationale sa première convention sur la santé. Présentée par son secrétaire général, Jean-François Copé, le parti de la majorité exposera ses priorités. Selon Les Echos (page 6), l’UMP ne prônera pas "de réforme d’ampleur du système", estimant qu’il "ne marche pas si mal que ça". Comme l’écrit Vincent Collen, "le contraste est saisissant avec 2007" où, notamment, Nicolas Sarkozy "plaidait pour une nouvelle répartition de la prise en charge entre la Sécurité sociale et les mutuelles (restée sans suite)".

Certes, si le représentant du parti présidentiel admet l’existence de quelques "difficultés" en certains endroits, il considère néanmoins que "la qualité des soins ne s’est pas dégradée" et que les réformes de structure engagées par la loi Bachelot sur l’hôpital devraient bientôt se faire sentir.

De son côté, le rapporteur de la convention, Philippe Juvin, souligne que les objectifs de dépenses fixés par le Parlement ont été "respectés en 2010 et le seront encore en 2011".

Pour 2012, l’UMP vise plutôt à flatter les professionnels de la santé. Dans un entretien au Quotidien du médecin (page 2), Jean-François Copé charge les socialistes qui "veulent instaurer une gestion à la “soviétique“ des médecins et des étudiants en médecine", notamment en ce qui concerne leur installation. L’UMP s’oppose aux mesures contraignantes, explique-t-il, préférant proposer une "palette d’outils".

Parmi ces outils, la création de "mille maisons pluridisciplinaires" est, par exemple, annoncée pour 2017, ainsi que "1 200 contrats d’engagement de ser­vice public". Toujours selon Le Quotidien du médecin, des stages "prioritairement en zone sous-médicalisée" seront proposés aux étudiants.

"Afin de sensibiliser les étudiants à l’importance de la pertinence des actes", l’UMP préconise "l’instauration de sanctions pour les prescriptions d’actes inutiles lors de la réalisation de cas pratiques". Quant à la rémunération des médecins, l’avant-projet de convention santé précise que le nouveau quinquennat sera l’occasion d’une réforme structurelle de leur rémunération "en systématisant les primes variables en fonction d’objectifs de performance et de qualité".

Concernant les dépassements d’honoraires, ajoutent Les Echos, l’UMP se refuse de les encadrer "de façon autoritaire", ce qui est justement l’un des points de tension avec les mutuelles. "Les journées de rentrée de la Mutualité, qui se sont tenues à Tours la semaine dernière, ont confirmé ce mécontentement", ajoute le quotidien économique. Aussi, après la pétition contre la taxe sur la santé, les complémentaires pourraient "frapper plus fort", croient savoir Les Echos, notamment "en quittant la table des négociations avec l’assurance maladie et les syndicats" sur le secteur optionnel.

La fin de vie en débat
Les personnes âgées, même malades, s’opposent à la légalisation de l’euthanasie. C’est ce qui ressort d’une enquête qui doit être rendue publique aujourd’hui lors d’un colloque organisé au siège de la MGEN (Paris), en partenariat avec la Mutualité Française.

Pour les besoins de cette recherche, le Dr Véronique Fournier, directrice du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin (Paris), et son équipe ont interrogé près de 200 personnes de plus de 75 ans, indique Libération (pages 14 et 15). Parmi elles, certaines sont en maison de retraite, d’autres en cardiologie ou en cancérologie, d’autres encore atteintes par des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Pour 90% des personnes interrogées, rapporte le quotidien, le concept des "directives anticipées", qui permettent de préparer médicament son décès, est inconnu et elles sont 83% à dire "qu’elles ne sont pas intéressées, et qu’elles ne s’en saisiront pas".

Même si parler de leur mort ne les heurte pas, elles n’aspirent nullement à la préparer médicalement. Seulement 10% des personnes interrogées souhaitent à "un moment donné, une aide active à mourir".

Une autre enquête à paraître dans la revue European Journal of Cancer à la fin du mois vient éclairer les "motivations" des demandeurs de mort anticipée. Cette étude, que rapporte La Croix (page 8), a été menée auprès de 789 structures de soins palliatifs. 342 structures ont fait état de 783 cas de demandes de mort anticipée en 2010, "dont 476 émanant de patients eux-mêmes, 258 des proches et 49 du personnel infirmier".
Frédéric Lavignette