Santé : ce que propose la gauche

La santé est une préoccupation majeure pour 89% des Français. Elle se place en troisième position derrière l’emploi et le pouvoir d’achat, selon un sondage Harris, réalisé du 1er au 6 février pour la Mutualité Française, rappelle L’Humanité (pages 12 et 13).

"Privatisation rampante, fermeture d’hôpitaux, extension des déserts médicaux… en cinq ans, notre système de santé s’est considérablement dégradé. Il est urgent de détricoter les mesures prises à son encontre", estime le quotidien. "Une chose est certaine : si Nicolas Sarkozy devait être jugé sur son seul bilan santé, il serait battu d’avance", juge L’Humanité (page 12), qui souligne que 29% des Français ont renoncé à des soins pour des raisons économiques (contre 13% en 2010), selon un sondage CSA réalisé en septembre dernier.

En matière de santé, que proposez-vous en 2012 ? a demandé le quotidien communiste à trois partis de gauche qui présentent des candidats à la présidentielle. Marisol Touraine, conseillère de François Hollande, promet "d’encadrer fermement" les dépassements d’honoraires. En outre, le PS souhaite "faire du médecin traitant le pivot d’une organisation territoriale de la santé, donnant toute sa place à la prévention, garantissant l’égal accès de tous aux soins".

Jean-Luc Gibelin, chargé des questions de santé dans l’équipe de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), propose "un remboursement à 100% par la Sécurité sociale des dépenses de santé prescrites". Pour cette formation politique, "le réseau mutualiste a toute légitimité pour représenter les ayants droit à la santé". Par ailleurs, le Front de gauche se prononce contre la TVA "sociale" et l’augmentation de la CSG.

Enfin, David Belliard, conseiller santé d’Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), trouve "insupportable que certaines personnes renoncent à se soigner". "Hôpital en crise, déserts médicaux, dépassements d’honoraires… l’organisation des soins doit être revue", estiment les écologistes, qui veulent "augmenter le niveau de remboursement" des soins et des médicaments "vraiment utiles".

Les incertitudes de l’épidémiologie
Mediator®, nucléaire, téléphonie mo­bile, vaccins… les épidémiologistes sont au centre de violentes polémiques, souligne le supplément science&techno du Monde de samedi (pages 4 et 5).

Mediator®, combien de morts ? 1 320, selon les chiffres dévoilés le 9 février par deux épidémiologistes de l’Inserm, Agnès Fournier et Mahmoud Zureik. Mais de son côté, Jean Acar, ancien chef d’un service de cardiologie, conteste "la mé­thode employée pour estimer le nombre de morts qui lui sont attribuables".

"Il ne devrait y avoir aucune raison en général à ce que les épidémiologistes divergent de ce que les cliniciens observent", estime Bernard Bégaud, spécialiste de pharmaco-épidémiologie (étude des effets des médicaments sur les populations).

Lorsque la force de l’association entre un facteur et une maladie est très grande – comme entre tabagisme et cancer du poumon ou exposition à l’amiante et mésothéliome –, le message peut être formulé de manière explicite, explique Le Monde. Ce n’est plus le cas lorsque l’augmentation du risque est plus faible. Exemples : les ondes électromagnétiques émises par la téléphonie mobile ou les lignes à haute tension provoquent-elles des cancers ? Le vaccin contre l’hépatite B augmente-t-il le risque de développer une sclérose en plaques ? Les questions ne manquent pas pour lesquelles l’épidémiologie est sommée d’apporter des réponses, tant aux autorités sanitaires qu’au grand public.

Or, si elle permet de réduire l’incertitude et de quantifier un risque, cette discipline n’est pas toujours en mesure d’apporter une réponse claire et définitive. "L’épidémiologie regarde les problèmes de la vie réelle, mais elle demeure une science de l’observation et nous savons qu’un train peut en cacher un autre", explique William Dab, épidémiologiste au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

John Sutton