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Santé : François Hollande dévoile ses pistes

"Un candidat très très à l'écoute." Tels sont les termes utilisés par un observateur dans Libération (page 10) pour qualifier l'intérêt de François Hollande au monde de la santé. Hier, le candidat socialiste a visité tout d'abord l'hôpital Robert-Debré et l'institut de la vision à Paris, puis a tenu un discours sur la santé à l'université de médecine René Descartes.

"Soucieux de ne pas ranimer les querelles passées du PS" avec les libéraux au sujet des honoraires, ou avec les hospitaliers au sujet des 35 heures, François Hollande est resté "très général" sur ses ambitions, estiment Les Echos (page 3). Et c'est en partie pour cela qu'il a déclaré n'être "pas favorable à une politique de contrainte envers les professionnels".

L'une des priorités du candidat socialiste vise à en finir avec la convergence des tarifs entre les établissements publics et privés. Ce principe, initialement prévu par la majorité pour 2012, "inquiète les hôpitaux publics, aujourd'hui mieux rémunérés que les cliniques", observe Le Monde (page 13).

Selon François Hollande, cet objectif d'alignement est le "facteur d'une concurrence déloyale et inappropriée. L'hôpital doit être considéré comme un service public et non comme une entreprise", a-t-il déclaré, rapporte Libération (page 10).

Le prétendant à l'Elysée a également promis d'"encadrer fermement" les dépassements d'honoraires, poursuit le quotidien. Il envisage un encadrement par spécialité médicale et par région, en tenant compte, entre autres, de la question immobilière. En effet, souligne Le Monde, certaines situations conditionnent le choix du secteur du médecin. "A Paris, par exemple, les généralistes ne s'installent plus en secteur 1, étant donné le coût des loyers."

Par ailleurs, François Hollande déplore que l'accès aux soins ne soit "plus garanti de la même manière sur tous les territoires". D'après lui, la désorganisation progressive des soins de proximité en est la cause, indique Le Monde. Son objectif est donc "qu'aucun territoire ne soit à l'avenir à moins de 30 minutes d'un lieu permettant une prise en charge d'urgence". Ce lieu pourra être une maison de santé, une structure adossée à un petit hôpital, ou tout autre "pôle de santé de proximité".

Comme le souligne Le Monde, le candidat ne manque pas de "critiquer les déremboursements, les franchises, la hausse de la taxe sur les mutuelles sans pour autant dire s'il les supprimera", remarque le quotidien. Par ailleurs, il souhaite ouvrir un débat sur les relations entre le régime obligatoire et le régime complémentaire. Afin de "sécuriser" l'accès aux soins, François Hollande souhaite supprimer "le droit d'entrée dans le dispositif de l'aide médicale d'Etat", rapporte Libération. Par ailleurs, poursuit Le Figaro (page 5), il projette la mise en place d'un plan de prévention pour l'enfant et l'adolescent dès la rentrée 2012, d'un plan d'urgence pour les jeunes médecins ou encore la poursuite du plan cancer.

Quant au financement des dépenses de santé, remarquent Les Echos, c'est le "grand absent de ce discours". François Hollande a seulement déclaré : "Il nous faudra chercher des ressources nouvelles en mettant à contribution l'ensemble des revenus."
Pour Jean-Marie Le Guen, en charge de la santé au PS, "contrairement à ce que nous avons vécu pendant cinq ans, François Hollande ne parle pas seulement d'assurance maladie, mais de politique de santé".

Débat sur la santé en 2012 à Saint-Quentin
La Mutualité Française organise ce soir à Saint-Quentin (Aisne) – ville dont le maire est le ministre de la Santé, Xavier Bertrand – une réunion régionale sur "la santé dans le débat 2012". Dans un entretien paru ce matin dans Le Courrier picard, son président, Etienne Caniard, rappelle que la réflexion des mutualistes vise trois objectifs. Il s'agit d'"assurer la pérennité du système de protection so­ciale alors que la spirale des déficits le met en péril, renforcer l'efficacité du système de soins et aller vers davantage de justice dans le financement de la protection sociale".

"Xavier Bertrand participe à ce débat. Quel message avez-vous envie de lui faire passer ?", interroge le journal. Réponse : "Nous voudrions qu'il comprenne que la taxation est une mesure dangereuse et qu'elle risque de conduire des Français vers le renoncement aux soins. Par ailleurs, si des malades préfèrent se rendre aux urgences parce qu'ils n'ont plus les moyens d'accéder au système de soins, je ne suis pas sûr que cela permette à l'Etat de faire des économies."
Frédéric Lavignette