Santé 2012 : les partis politiques entrent dans le débat

Europe écologie les verts (EELV), l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le Parti socialiste (PS), le Mouvement démocrate (Modem) et le Front de gauche ont répondu à l'appel des mutuelles. Les représentants en charge de la santé pour la présidentielle sont venus débattre le 8 février à Paris avec les mutualistes. Objectif : placer la santé au cœur des élections de 2012 !

C'est à Paris que la Mutualité Française a achevé le 8 février son tour de France des régions. "Nous terminons aujourd’hui avec les représentants des candidats à la présidence de la République", a indiqué le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, en accueillant plus de 700 personnes réunies pour l’occasion.

Europe écologie les verts (EELV), l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le Parti socialiste (PS), le Mouvement démocrate (Modem) et le Front de gauche ont répondu présents à l'invitation des mutuelles. Objectif du mouvement mutualiste : placer la santé et la protection sociale au cœur des élections de 2012.

Difficultés d'accès aux soins aggravées par les dépassements d'honoraires, franchises médicales à charge des malades, recours excessif à l'hôpital, consommation de médicaments au-delà du raisonnable : "C'est le constat que nous avons partagé lors de nos réunions en région avec les associations de patients et de citoyens, les professionnels de santé et les syndicats", a résumé Etienne Caniard en introduction. Une organisation défaillante du système de santé "qui fragilise sa pérennité, pénalise les malades" et creuse le "trou" de la Sécurité sociale.

Des réformes "structurelles" contre le trou de la Sécu
Pour réduire le déficit de l'assurance maladie, les représentants des candidats à la présidentielle sont unanimes : tous souhaitent des réformes "structurelles" du système de santé. Mais comment trouver 10 milliards de recettes ou d’économies nouvelles ? L'UMP par la voix de Philippe Juvin en appelle à des "Etats généraux des dépenses de santé après les élections" et à "l'élargissement de l'assiette des cotisations sociales", probablement "en revenant sur les exonérations fiscales".

Marisol Touraine, en charge de la santé auprès de François Hollande, veut faire de la contribution sociale généralisée (CSG) un "impôt progressif". "Au contraire de la TVA, c'est l'outil le mieux adapté au financement de la Sécurité sociale", argumente-t-elle. Elle met à contribution "l'ensemble des revenus du capital au même niveau que ceux du travail". Geneviève Darrieussecq, pour le Modem veut - sans autres détails - "une restructuration massive" pour "un système en véritable réseau".

Du côté de Michel Limousin du Front de gauche, la solution consiste à ré-injecter dans la Sécu "les profits des entreprises" pour garantir "une prise en charge à 100% par l'assurance maladie obligatoire". Sans préciser toutefois le contenu du panier de soins auquel les Français auraient ainsi droit. Aline Archimbaud, pour Europe écologie les verts, souhaite "un système de santé préventif qui s'attaque aux causes des affections chroniques comme le diabète" et permettrait des économies sur les soins.

Taxes sur les malades
Les patients en sont de plus en plus de leur poche pour se faire soigner. Franchises médicales, forfait hospitalier, taxe sur les mutuelles : un tiers des Français "déclare avoir déjà renoncé à se faire soigner" et un sur deux indique "avoir déjà reporté des soins", selon un sondage réalisé par l'Institut Harris pour la Mutualité Française.

Que sont prêts à faire les partis politiques pour alléger les charges des malades ? "Il faudra revoir les prises en charge et aboutir à ce qu'il n'y ait plus de franchises médicales", répond Marisol Touraine, en écartant leur suppression immédiate en cas de victoire.

De son côté, la majorité actuelle défend sa politique de mise à contribution des malades comme des mutualistes : "La taxation des mutuelles répond à un besoin structurel pour régler le stock de la dette", affirme Philippe Juvin, qui, rappelons-le, s'élève à 140 milliards d'euros !

"Cette taxe supplémentaire dans l'accès aux soins risque de contraindre les Français les plus fragiles à un recours accru à l'hôpital public", conteste Etienne Caniard. Ce qui coûtera plus cher à la collectivité. Aujourd'hui, plus d'un million de personnes ont déjà signé la pétition contre la taxe sur les mutuelles. Et la mobilisation continue !

Ghislaine Trabacchi