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Rupture entre les médecins libéraux et le gouvernement

La ministre de la Santé s'est montrée très critique vendredi sur le proto­cole d'accord sur l'encadrement des dépassements d'honoraires des médecins, signé en octobre par l'assurance maladie, les complémentaires santé et certains syndicats de médecins libéraux, relève Le Figaro-économie (page 24). "Le protocole sur le secteur optionnel mérite d'être formidablement creusé, il y a encore beaucoup d'inconnues", a-t-elle déclaré devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), soulignant que les dépassements étaient "un véritable problème pour un certain nombre de nos concitoyens". "Pour l'instant, cela relève plutôt de la pétition de principe", a jugé Roselyne Bachelot.

Par ailleurs, la ministre de la Santé a estimé que des précisions devaient être apportées dans le cadre de la négociation d'une nouvelle convention médicale entre l'assurance maladie et les médecins. Elle s'est montrée "dubitative" sur la possibilité de signer un accord "quelques semaines avant de nouvelles élections" professionnelles, souligne le quotidien Les Echos (page 4). Ces élections auront lieu "avant la fin du printemps" 2010, promet le ministère de la Santé, ce qui laisse sceptiques la plupart des acteurs concernés, selon Le Figaro-économie (page 24). En attendant, le ministère plaide pour qu'un "règlement arbitral" prenne le relais de la convention médicale.

"Trop c'est trop", a réagi hier la CSMF, principal syndicat de médecins libéraux. "La ministre a pris la décision d'anticiper sur l'issue des négociations conventionnelles en cours, en se prononçant pour la mise en place d'un règlement arbitral", a déclaré Michel Chassang, son président, cité dans Les Echos. "Face à ce mépris", la CSMF a décidé "de quitter définitivement la table d'une négociation conventionnelle, où manifestement ceux qui négocient ne sont pas ceux qui décident" et appelle les médecins à "entrer en résistance".

Le gouvernement vient, en outre, de perdre le soutien du syndicat MG-France, qui avait pourtant approuvé la loi HPST et obtenu la reconnaissance de la place spécifique des généralistes dans le système de soins, selon Le Figaro-économie. Lors l'assemblée générale de MG-France, qui s'est tenue ce week-end, Martial Olivier-Koehret, président sortant, a été mis en minorité et a cédé sa place à Claude Leicher, élu sur un discours très offensif vis-à-vis du gouvernement. Ce dernier perd ainsi son seul soutien parmi les représentants des médecins libéraux, estime Le Figaro-économie.

Les négociations ne semblent pas près d'avancer, en tout cas, pas avant la fin du premier semestre 2010, selon Les Echos. "Le problème, confie l'un des acteurs du dossier au quotidien économique, c'est qu'elles risquent d'être encore plus difficiles après les élections (professionnelles). Tous les syndicats auront fait campagne sur des revendications fortes, comme l'augmentation du tarif de la consultation."

Génériques : accord avec les pharmaciens
La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et les pharmaciens d'officine doivent signer demain un accord pour favoriser la vente des médicaments génériques en 2010, annonce le quotidien Les Echos (page 4). Pour l'an prochain, ils s'engagent à maintenir un taux de substitution supérieur à 80%, dans tous les départements, pour les molécules qui ont déjà perdu leur brevet. Pour celles dont le brevet vient de tomber dans le domaine public, les pharmaciens vont s'engager sur des taux de substitution médicament par médicament. Ainsi, pour le Plavix®, l'anticoagulant de Sanofi-Aventis, dont le brevet a expiré récemment, les génériques devront représenter 75% des ventes, fin 2010. L'assurance maladie es­père réaliser 200 millions d'euros d'économies sur cette seule molécule et plus de 100 millions d'euros sur d'autres médicaments.

John Sutton