Roselyne Bachelot : le forfait hospitalier sera augmenté

La ministre de la Santé était l'invitée hier du "Grand jury RTL-Le Figaro-LCI". Interrogée sur la hausse prévisible du forfait journalier à l'hôpital, Roselyne Bachelot a justifié le projet du gouvernement en expliquant qu'il n'avait pas été révisé "depuis trois ans". Si elle n'a pas voulu donner le montant exact de cette hausse, Les Echos (page 4) croient savoir qu'elle passerait de 16 à 18 euros.

 

Cette augmentation de 2 euros entrainerait pour l'assurance maladie une moindre dépense de 160 millions d'euros, a calculé le quotidien économique. C'est une économie modeste au regard du déficit de 11 milliards annoncé pour 2009, mais elle s'ajoutera aux diverses ponctions réalisées ces dernières années sur les ménages et leurs mutuelles.

 

Lors de cette émission, Roselyne Bachelot a confirmé que le taux de remboursement des médicaments à service médical rendu (SMR) jugé "faible" passerait de 35% à 15%. Cette décision se fera sur la base d'une "approche médicalisée, pas technocratique", a-t-elle justifié (Le Figaro-économie page 28). En revanche, la ministre de la Santé exclut tout "déremboursement de médicaments à l'utilité médicale démontrée", souligne La Tribune ( page 6). En clair, les produits remboursés à 65% mais à prescription facultative, comme les antidouleurs, ne sont pas concernés.

 

Lors de l'université d'été de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la ministre de la Santé s'est prononcée pour "un encadrement plus strict du système des affections de longue durée". Elle n'est pas hostile à un dispositif de sortie des ALD, une fois le patient guéri, mais souhaite que des précautions soient prises. Il faut notamment que "le suivi qui permet de voir l'évolution de la maladie reste pris en charge à 100%".

 

Enfin, la ministre a indiqué que "la hausse de la contribution sociale généralisée n'est pas à l'ordre du jour". Roselyne Bachelot ne veut pas peser sur le pouvoir d'achat et mise sur les "gains d'efficacité" du système "avant que d'aller puiser dans la poche de mes compatriotes". Mais est-ce mieux d'aller prendre dans la poche des seuls malades ?

 

Même message du côté du ministère du Budget. "Il n'y aura pas d'augmentation des cotisations sociales ou de la CSG", a martelé hier Eric Woerth sur I-Télé. Le gouvernement répond ainsi indirectement au premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, qui propose d'augmenter les prélèvements sociaux. "La Sécurité sociale doit garantir les grands risques pour les Français. A côté, les assurances doivent garantir les autres risques", a ajouté le ministre du Budget.

 

Retraite : avantage aux mères
Le gouvernement a décidé de sauvegarder le dispositif actuel pour la retraite des mères de famille salariées du secteur privé, a annoncé hier le ministre du Travail, lors de l'émission "Grand rendez-vous Europe 1". Elles bénéficient de deux ans de majoration d'assurance vieillesse par enfant, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 6). "La Cour de cassation a dit que les hommes devraient bénéficier des mêmes avantages que les femmes. Nous considérons que c'est injuste, que les femmes et les femmes seules doivent bénéficier de la majoration d'assurance", a expliqué Xavier Darcos, cité dans Le Figaro-économie (page 29).

 

La première année de majoration d'assurance vieillesse est accordée "au motif qu'elles ont attendu un enfant et qu'elles ont commencé à l'élever" et la seconde "au motif qu'elles l'ont élevé", a expliqué le ministre. Cependant, à partir du 1er janvier 2010, la deuxième année de majoration pourra être accordée au père, si le couple en fait la demande. En l'absence de déclaration, c'est toujours la mère qui en sera bénéficiaire. Cette mesure sera accessible aux couples pacsés, ainsi qu'aux couples ayant adopté des enfants.

 

La CFTC, jusqu'alors très hostile à la réforme, lui a apporté son soutien. Pour sa part, la CGT s'est contentée de prendre "acte que le gouvernement essaie de ne pas trop remettre en cause le droit des femmes". Reste à savoir si le nouveau dispositif, qui sera voté à l'automne par le Parlement, sera acceptable aux yeux de la justice européenne, qui a condamné l'actuel dispositif au nom de l'égalité homme-femme, rappellent Les Echos (page 4).

 

John Sutton