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Roselyne Bachelot en campagne contre la vente d’alcool aux mineurs

Dans un long entretien au Journal du dimanche (page 6), la ministre de la Santé annonce qu’elle prépare une "mesure phare" pour 2009 : "L’interdiction totale de la vente d’alcool aux mineurs. Qu’il s’agisse des bars ou des discothèques, mais aussi de la vente à emporter dans les épiceries et les supermarchés." Pour Roselyne Bachelot, la législation actuelle, qui permet la vente de la bière, du vin et du cidre aux adolescents de 16 à 18 ans, engendre un "certain flou artistique".

La ministre indique également que "la consommation d’alcool sera interdite sur la voie publique aux abords des établissements scolaires". De plus, "la vente d’alcool sera interdite dans les stations-service" à tout moment, et non plus seulement entre 22 heures et 6 heures du matin. Enfin, les "open-bars" – possibilité de boire autant qu’on veut pour un prix forfaitaire – seront également interdits.

Pour justifier ces mesures, Roselyne Bachelot s’appuie sur la dernière enquête Escapad, réalisée lors de la journée d’appel de préparation à la défense auprès de 30.000 adolescents de 17 ans. Conclusion : au cours du dernier mois, près de la moitié de ces jeunes avait bu au moins cinq verres d’alcool en une seule occasion, note Libération de samedi (page 12). "C’est la définition du “binge drinking !“", relève la ministre. Il s’agit d’un nouveau comportement en vogue chez les moins de 25 ans, consistant à ingurgiter le maximum d’alcool en un minimum de temps.

Roselyne Bachelot annonce à ce sujet une campagne de prévention contre l’alcoolisation excessive à la télévision et au cinéma, qui sera dévoilée jeudi. Le but de cette campagne estivale est de prévenir les comas éthyliques, les accidents de voiture, la violence, les rapports sexuels non protégés ou contraints, explique L’Humanité (page 9).

Les mesures annoncées "ne font pas peur" aux débitants de boissons. Les grandes surfaces les auraient déjà "anticipées", si on en croit les professionnels concernés, cités dans Les Echos (page 2). De son côté, le Pr Claude Got, spécialiste de santé publique, insiste sur l’importance des "contrôles" pour faire "vraiment appliquer" l’interdiction (Libération). Selon lui, il n’est guère difficile aujourd’hui à un mineur de moins de 16 ans d’acheter des cigarettes en dépit de l’interdiction légale (Les Echos). Claude Got craint qu’il en soit de même pour l’alcool.

Hôpitaux : la recherche mal répartie
"La recherche est une des trois missions des centres hospitalo-universitaires. Ceux qui n’en font pas sont des hôpitaux généraux qui ne méritent donc pas le statut de CHU", estime, dans Les Echos (page 9), le Dr Philippe Even, auteur d’un rapport sur la recherche médicale hospitalière. Le classement qu’il vient de réaliser à la demande du gouvernement révèle des inégalités criantes en matière de recherche entre les 32 CHU français. Pas de problème dans les grands établissements parisiens comme Necker, Cochin, La Salpêtrière ou Saint-Antoine, où plusieurs équipes font partie de l’élite mondiale de la recherche médicale.

Mention bien pour Lyon, Lille, Toulouse, Marseille, Nantes ou Nice, qui hébergent de nombreux spécialistes de réputation internationale. La qualité commence à se dégrader à Angers, Grenoble ou Rennes où l’excellence se fait rare. Rien ne va plus à Reims, Brest, Saint-Etienne, Limoges, Poitiers ou Amiens, où la recherche et l’innovation thérapeutique sont carrément l’exception. "La prise en charge des maladies graves, rares ou émergentes, et surtout les multipathologies, si fréquentes aujourd’hui à cause du vieillissement de la population, ne sont optimales que là où la recherche est étroitement associée aux soins", rappelle Philippe Even.

John Sutton