Risque nucléaire au Japon

L'ensemble des quotidiens nationaux font leurs "unes" sur le risque de catastrophe nucléaire au Japon ou bien relancent le débat sur les risques du nucléaire en France. Les Echos titrent : "La tragédie d'une nation", au moment où "le Japon est confronté à la plus grave crise de son histoire depuis 1945". Le quotidien économique (page 3) rapporte que les scientifiques redoutent l'engrenage d'un scénario à la Tchernobyl. Une grande quantité d'iode 131 et de césium 137, qui sont tous les deux très dangereux pour la santé humaine, a été libérée dans l'atmosphère. Le premier s'accumule dans la glande thyroïde et provoque des cancers. Ses effets peuvent être neutralisés par l'ingestion rapide d'iodure de potassium par les populations irradiées. Le césium radioactif induit également des cancers et "casse l'ADN cellulaire".

"Japon : l'effroi", titre sobrement Libération, qui rappelle que le bilan du séisme et du tsunami pourrait dépasser les 10.000 morts. Une équipe de 117 sauveteurs français a décollé cette nuit de Roissy à destination de Tokyo, annonce le quotidien. L'avion transporte 14 tonnes de matériel destiné au sauvetage des victimes et au déblaiement des décombres, ainsi que du matériel médical et des médicaments. Il amène également l'équipement de protection, des équipes de secours françaises contre d'éventuelles radiations : camisoles, masques et 10.000 pastilles d'iode. Les hommes de la Sécurité civile sont accompagnés de deux médecins spécialistes du risque radiologique de l'hôpital militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine), qui assureront le contrôle du niveau de radioactivité sur la zone d'intervention et d'un ingénieur de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). La Sécurité ci­vile française espère être sur le terrain demain, quatre jours après le séisme. "Ce ne sera pas trop tard", a assuré David Lignac, médecin de l'unité de sécurité civile n° 1. Il y a un an en Haïti, un survivant avait ainsi été retrouvé sous les gravats, un mois après le séisme, rap­pelle Libération (page 11).

Diabète : succès de Sophia
L'assurance maladie s'est félicitée jeudi du succès de Sophia, le programme d'accompagnement médical des diabétiques lancé en 2008, rapporte Le Figaro (page 9). L'enjeu est majeur : il y a en France 2,9 millions de diabétiques et leur nombre a doublé en dix ans. Le programme Sophia consiste à accompagner les diabétiques qui le souhaitent, en relais avec le médecin traitant, "pour les aider à mieux vivre avec la maladie et en prévenir les complications", a rappelé la Cnam. Il concerne actuellement dix-neuf départements pour lesquels l'assurance maladie s'est dotée de soixante-dix-huit infirmiers, qui font office de conseillers en santé, précise Le Figaro. Ces derniers appellent régulièrement les 100.000 adhérents inscrits à ce programme. Ces rendez-vous téléphoniques sont l'occasion d'aborder les sujets qui préoccupent ces patients : alimentation, activité physique, suivi des examens, complications, facteurs de risques... Résultats : par rapport à un groupe témoin, les adhérents du programme Sophia "pratiquent plus fréquemment les examens recommandés dans le suivi du diabète : consultation ophtalmologique, électrocardiogramme, dosages sanguins...". Autre effet me­suré : leur état de santé s'améliore, matérialisé notamment par une baisse de leur taux d'hémoglobine glyquée (marqueur du taux de sucre dans le sang) supé­rieure au groupe témoin.

Transposts restreints pour les patients en ALD
Le remboursement par la Sécurité sociale des frais de transport des personnes atteintes d'une affection de longue durée (ALD) sera réservé, à partir du 1er avril, "aux patients dont l'incapacité ou la déficience ne leur permet pas de se déplacer par leurs propres moyens", précise un décret paru vendredi, notent Les Echos (page 12). Selon le gouvernement, cette disposition devrait permettre de réaliser une économie d'environ 20 millions d'euros par an. Le dispositif ALD concerne environ 9 millions de personnes et représente près de 60% des dépenses de remboursements de l'assurance maladie, rap­pelle le quotidien.
John Sutton