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Révolution salariale pour les pharmaciens

Hier matin, les syndicats de pharmaciens ont signé un accord avec l'assurance maladie sur la nouvelle rémunération des officines. Il s'agit d'une "révolution" selon les termes des officinaux.

Comme l'indiquent Les Echos (page 6), de nouvelles missions leur sont maintenant dévolues. En effet, "comme les médecins, ils toucheront aussi des honoraires qui tiendront compte du nombre d'ordonnances qu'ils exécutent, ainsi que d'objectifs à atteindre sur la prévention des risques médicamenteux ou la surveillance du traitement des patients asthmatiques".

Dans le détail, explique Le Figaro (page 23), ils percevront "un forfait de 40 euros pour surveiller les anticoagulants" de leurs clients. Puisque certains de ces produits sont à l'origine de 25% des hospitalisations pour mauvais dosages ou mauvaises combinaisons avec d'autres molécules, "les pharmaciens auront la charge de vérifier la bonne observance du traitement", explique le quotidien. Ils s'assureront également que les analyses biologiques ont été réalisées et que les doses de médicaments prises sont bien adaptées. L'objectif est de conseiller 900.000 patients. Un même dispositif devrait être mis en place avec les personnes asthmatiques.

L'assurance maladie versera également une prime aux officines qui respecteront des "objectifs de santé publique ou d'efficience économique", ajoute Le Figaro. Le taux de médicaments génériques délivrés est l'un des critères retenus. Cette prime pourra s'élever à 3.000 euros annuels si les objectifs sont atteints "correctement". Toutefois, précise le quotidien, cette somme sera "diminuée de 20% si la pharmacie ne délivre pas toujours la même marque aux malades de plus de 75 ans".

Enfin, signale Le Figaro, les pharmaciens toucheront des "honoraires de dispensation" d'ici à 5 ans. Ces sommes sont liées aux conseils qu'ils délivreront lors de la délivrance des médicaments (posologie, conservation, interactions…). D'après Les Echos, "ces nouveaux modes de rémunération représenteront, dans cinq ans, 25% des revenus des officines, avec une première étape à 12,5% dès la première année". La marge réalisée par boîte de médicament vendue restera donc toujours majoritaire pour les revenus des pharmaciens.

Le coût global et annuel de cet accord est estimé à 140 millions d'euros, note Le Figaro, et il devrait générer autant d'économies. Toutefois, précise le quotidien économique, les modalités concrètes de l'accord sont renvoyées à un avenant à l'automne qui "tiendra compte des baisses de prix décidées par le prochain gouvernement pour 2013".

Recul des ventes de médicaments en 2012
Selon la société d'études IMS Health France, "pour la première fois depuis très longtemps, le marché des médicaments en France va baisser cette année". En effet, rapportent Les Echos (page 21), une récession de 2% est attendue pour cette année, faisant chuter ce marché à 20,6 milliards d'euros.

"Ce recul signe un peu la fin d'une époque", considère le quotidien. De 1980 à aujourd'hui, ce secteur était en croissance permanente, passant d'une consommation annuelle de 95 euros par habitant à 550 euros. Certes, complète Le Figaro (page 23), les autres marchés "matures" accusent eux aussi un ralentissement, mais ils restent tout de même en croissance. D'ici à 2015, le marché pharmaceutique japonais devrait progresser de 2 à 5%, et l'américain de 1 à 4%.

Cette récession française s'explique par la baisse des prix et des remboursements. Une panne de l'innovation dans le secteur est également mise en avant au même titre que "l'extinction des brevets qui protègent les médicaments originaux". Selon Le Figaro, "le pic de ces pertes de brevets sera atteint en 2012, avec 48 milliards de dollars de chiffre d'affaires exposé au risque de concurrence des génériques".

La santé absente de la campagne
Dans un entretien aux Echos (page 4), le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, déclare qu'il va rencontrer aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon, après avoir eu un entretien avec François Bayrou, François Hollande et Eva Joly. De son côté, Nicolas Sarkozy ne lui a pas "proposé de rendez-vous, contrairement à 2007". Pour François Chérèque, certains sujets sont trop absents du débat de la présidentielle, comme par exemple "la réorganisation du système de soins entre la médecine de ville et l'hôpital". Il considère également que "les candidats ont peur de s'attaquer aux professions médicales, les plus corporatistes."
Frédéric Lavignette