Retraites : un système très redistributif

Grâce au système des retraites, l'écart entre les plus riches et les plus pauvres tendrait à diminuer, au même titre que l'écart salarial entre les hommes et les femmes. Une étude publiée aujourd'hui par l'Insee, et que rapporte La Croix (page 11), montre en effet que "l'écart des salaires des 10% de salariés les plus aisés et les 10% les plus pauvres est de 5,85", mais il passe à 4,10 au moment de la retraite.

Cette réduction des inégalités s'explique notamment par "la validation des trimestres au chômage, l'assurance vieillesse des parents au foyer, en faveur des personnes qui ont cessé de travailler pour élever un enfant, et enfin les minima de pension, qui favorisent les petites retraites", précisent Les Echos (page 5).

Par ailleurs, poursuit le quotidien économique, l'écart entre la vie active et la retraite passe de 6,7 à 4,3 pour les femmes, et de 3,4 à 3 pour les hommes. La raison est que les femmes ont des carrières plus variées que les hommes et que certains mécanismes de correction (notamment pour les mères de famille) leur sont favorables.

Cependant, l'Insee constate que certains mécanismes amplifient les inégalités. Tel est le cas du mode de calcul des pensions qui est basé sur la prise en compte des 25 meilleures années salariales. Les carrières complètes sont en effet favorisées au détriment de celles interrompues par des périodes de chômage, de temps partiel ou d'inactivité.

Solvabilité 2 : l'inquiétude des actuaires
Dans un contexte de crise économique, les règles de Solvabilité 2 "peuvent se révéler inappropriées, voire contre performantes". C'est le sentiment exprimé par le président de l'Institut des actuaires qui tient aujourd'hui son congrès annuel.

Selon François Bonnin, que citent Les Echos (page 26), ces règles ont "été conçues pour des temps calmes sur les marchés financiers". Aussi, il estime qu'il est "impossible d'anticiper leurs conséquences dans l'environnement de crise actuel, d'autant plus qu'il n'y a pas eu de nouvelle étude d'impact dernièrement". Par conséquent, le représentant des actuaires suggère de "décaler de nouveau le passage à Solvabilité 2".

François Bonnin préconise ainsi une "adaptation temporaire, limitée dans le temps à la période de forte intensité de cette crise", ce qui rendrait nécessaires des "simplifications radicales" dans le calcul d'exigences de marge de solvabilité. Provisoirement, un "système forfaitaire" pourrait être adopté, lequel prendrait "la forme d'un pourcentage de l'exigence de marge sur les passifs, en s'inspirant de ce qui se fait dans Solvabilité 1", rapporte le quotidien.

Pour l'Institut des actuaires, il est en revanche nécessaire de "mettre en œuvre sans tarder les deux autres volets de la directive sur la gouvernance des risques et les exigences de reporting", indiquent Les Echos.
Frédéric Lavignette