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Retraites : le Conseil constitutionnel saisi

Les sénateurs ont voté hier la réforme des retraites. Ce texte sera définitivement adopté par le Parlement, après le vote des députés attendu cet après-midi, résume Le Figaro (page 3). Même si le résultat ne fait aucun doute, la gauche ne désarme pas pour autant. "Jusqu’au bout, le gouvernement aura privilégié la confrontation plutôt que la concertation", dénonce la députée socialiste Marisol Touraine. Comme l’indiquent Les Echos (page 5), le PS a décidé de saisir le Conseil constitutionnel : il faudra donc attendre la mi-novembre pour que la loi puisse être promulguée...

"Il n’est pas question une seconde de suspendre la promulgation" de la loi, affirme, dans un entretien à La Tribune (page 3), le ministre du Travail, Eric Woerth, écartant ainsi la revendication de Bernard Thibault (CGT). "Ce serait un déni de démocratie. Dans un Etat de droit, le vote parlementaire a une importance fondamentale : on ne le balaie pas d’un revers de main", estime le ministre.

Dans cet entretien, le journaliste de La Tribune rappelle que la loi sur le Contrat première embauche (CPE) en 2006, avait été certes promulguée, mais son application avait été suspendue. Réponse d’Eric Woerth : "Le CPE est un exemple qui n’a rien à voir. Ce n’était pas une loi nécessaire, et ce n’était pas un texte qui faisait consensus dans la majorité. La réforme des retraites est au contraire indispensable pour l’avenir de notre protection sociale et j’ai pu personnellement constater à quel point la majorité la soutient", affirme-t-il.

Dans Libération (pages 2 et 3), Bernard Thibault entend maintenir la pression. "Nous continuerons demain et le 6 no­vembre (...) à demander la non-promulgation de la loi. Adoptée ou non, l’affaire n’est pas finie", affirme le secrétaire général de la CGT. "Contrairement à ce que pense le gouvernement, on ne s’approche pas de la sortie du conflit avec l’adoption de cette réforme par le Parlement", prévient-il.

Par ailleurs, ce leader syndical dénonce "la présence de policiers en exercice, camouflés sous des badges syndicaux à Lyon et à Paris", "qui se réfugient dans un hall d’immeuble et finissent par se faire exfiltrer par des CRS". Selon lui, "quand on en vient à ce genre de procédés, c’est que l’on ne se sent pas très fort de l’autre côté".

Enfin, dans L’Express n° 3095 (page 44), Jean-Marie Pernot, de l’Institut de recherches économiques et sociales, livre son analyse sur ce mouvement social. "Le plus frappant, c’est la diversification de la protestation au-delà du classique cœur syndical : de jeunes quadras se sont joints au mouvement, on manifeste dans de très petites villes, tout le monde parle des retraites. Cela ressemble à mai 1968, sans les grèves de masse", explique le chercheur.

Cese : la liste des personnalités qualifiées au Conseil des ministres
Selon Le Figaro-économie (page 17), c’est aujourd’hui que le Conseil des ministres examinera la liste des 40 personnalités qualifiées choisies pour siéger au Conseil économique, social et environnemental (CESE). "Sauf changement de dernière minute, l’actuel président du CESE, Jacques Dermagne, ne devrait pas y figurer, contrairement au médiateur de la République, Jean-Paul Delevoy", écrit Le Figaro-économie. Cette nomination "confirmerait la volonté de l’Elysée de le pousser à la présidence de l’institution". Jean-Paul Delevoy, ancien ministre de Jacques Chirac, aurait le "soutien de plusieurs syndicats, dont FO", croit savoir le quotidien. Avant d’ajouter : "Mais il rencontrera sur son chemin Jean-Pierre Davant. L’actuel président de la Mutualité, soutenu par la CFDT, est assuré de siéger au sein du Cese au titre des mutualistes." L’élection du président devrait avoir lieu mi-novembre.
John Sutton et Jean-Michel Molins